Des obus de mortier sont tombés lundi dans la capitale de l'Etat soudanais du Kordofan-Sud, frontalier du Soudan du Sud et théâtre de combats entre armée et rebelles depuis la partition du Soudan à l'été 2011, a rapporté une source de l'ONU.
Selon Khartoum, une femme a été tuée et trois civils blessés dans un bombardement rebelle près de la capitale du Kordofan-Sud, Kadougli.
"A notre connaissance, cinq obus de mortier ont atterri dans et autour de la ville", a déclaré à l'AFP Damian Rance du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha).
Des habitants ont également fait état de la chute d'obus dans Kadougli, contrôlée par Khartoum, qui fait face depuis juin 2011 aux rebelles de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes).
Selon M. Rance, le personnel de l'ONU à Kadougli, Soudanais et étrangers, a été transféré par "mesure de précaution" vers une base située entre Kadougli et l'aéroport local.La base est utilisée par la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA), une région disputée par Khartoum et Juba.
Le responsable de l'Ocha n'était pas en mesure d'indiquer combien d'employés de l'ONU avaient dû être transférés vers la base mais le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué que 15 de ses employés soudanais, huit de leurs proches et un employé étranger y avaient trouvé refuge.
Dans une déclaration à l'AFP, le porte-parole de l'armée soudanaise Sawarmi Khaled Saad a avancé le bilan d'un mort et de 3 blessés dans un bombardement près de Kadougli.
"Ce matin, un groupe du SPLM-Nord a tenté de pénétrer dans Kadougli, et bombardé un secteur à 6 km à l'est de la ville.Une femme a été tuée et trois citoyens blessés", a-t-il indiqué.
Ces tirs -rares dans la capitale du Kordofan-Sud- surviennent alors que le Soudan et le Soudan du Sud ont conclu le 27 septembre à Addis Abeba une série d'accords de sécurité et de coopération, salués comme la fin du conflit entre les deux pays.
Les tensions entre Juba et Khartoum avaient dégénéré entre mars et mai en combats à la frontière entre leurs deux armées, les plus intenses depuis la partition du Soudan.
La communauté internationale, très inquiète du risque d'un nouveau conflit à grande échelle entre Juba et Khartoum, belligérants de la plus longue guerre civile du continent, maintenait une pression constante depuis plusieurs mois afin de parvenir à un accord définitif, embrassant l'ensemble des questions en suspens.
Les deux pays ont notamment signé un "accord sur des mesures de sécurité" à leur frontière commune, comprenant la mise en place d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".
Cette zone-tampon, large de dix kilomètres de part et d'autre de l'actuelle "ligne de contrôle", vise à éviter toute reprise des affrontements et à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs dans les régions soudanaises du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.
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