Tunis a été paralysée mercredi par une grève surprise dans les transports publics qui a provoqué des violences dans le centre et dans certaines banlieues de la capitale tunisienne, selon des journalistes de l'AFP sur place.
A la surprise générale, les agents de la société des transports de Tunis (tramways et autobus) ont débrayé pour réclamer la libération d'un de leurs collègues arrêté mardi à la suite d'un accident de la circulation.
Sans préavis, "les agents ont décidé d'entrer dans une grève illimitée jusqu'à la libération de leur collègue, c'est une grève illégale", a déclaré le porte-parole du ministère des Transports Mohamed Chamli, cité par l'agence TAP.
Le chauffeur Anis Sboui a été relâché à la mi-journée et ses collègues ont suspendu leur grève.Mais la fédération générale des transports a menacé de lancer une grève générale le 22 octobre.
Des dizaines d'usagers pris au dépourvu par la grève se sont rassemblés devant le siège de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt), certains criant leur colère et jetant des projectiles sur les locaux du syndicat dans le centre de Tunis.
La police est intervenue pour les disperser.
Des dirigeants syndicalistes ont dénoncé ces violences comme une "provocation commanditée" pour torpiller un dialogue national à l'initiative de la centrale entre le pouvoir dirigé par les islamistes et l'opposition.
"Le calme est revenu" dans ce secteur en fin de matinée, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarrouche.
Les stations de tramways et autobus ont également connu le chaos mercredi matin, notamment à la cité Intilaka-Ettadhamen.Certains jeunes se sont attaqués à des voitures sur la route reliant cette banlieue populaire au nord de Tunis.
"Honte à eux (les grévistes, ndlr), ils n'ont pas pensé à ceux qui nourrissent leurs enfants au jour le jour, ni aux écoliers qui n'iront pas en classe à cause de cette maudite grève", a déclaré à l'AFP Mounira Farhat, ouvrière, à la station centrale des tramways.
La grève a été déclenchée par l'arrestation d'un chauffeur de bus à la suite d'une altercation mardi avec une femme, dont il a percuté la voiture.La conductrice a porté plainte pour insultes et violence, a expliqué M. Chamli.
Depuis quelques semaines, les grèves se succèdent en Tunisie tantôt dans le centre-ouest et tantôt dans le sud du pays pour réclamer la chute du gouvernement ou pour des revendications sociales comme le droit au travail.
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