Vingt et une personnes ont été abattues par un groupe d'hommes armés, dont certains déguisés en policiers, qui ont ouvert le feu sur des fidèles quittant une mosquée dans le nord du Nigeria dimanche, selon des sources officielles et des habitants.
Un porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Sani Usman, a affirmé que la fusillade, qui s'est produite dans le village de Dogon Dawa, dans l'Etat de Kaduna, était une action de représailles de bandits qui avaient été chassés dans un premier temps par des habitants.
"Nous avons 21 morts.Plusieurs autres personnes, blessées, ont été évacuées à l'hôpital", a déclaré Musa Illela, un responsable de l'agence nationale des situations d'urgence à Kaduna.
Un habitant du village a aussi évoqué des voleurs, vêtus d'uniformes policiers, et donné le même bilan.
L'Etat de Kaduna, où cohabitent chrétiens et musulmans, a été le théâtre de violences intercommunautaires au cours des derniers mois.
Le groupe islamiste Boko Haram y a revendiqué des attentats suicides contre trois églises en juin qui ont provoqué des représailles de chrétiens où des dizaines de gens ont été tués.Des chrétiens avaient aussi été tués par des musulmans.
Le lieutenant-colonel Sani Usman a déclaré à l'AFP que la fusillade de Dogon Dawa s'expliquait par un conflit opposant des "bandits" à un groupe d'auto-défense du village.
Les voleurs avaient tenté de dévaliser des habitants dans la semaine mais avaient été repoussés.Ils sont revenus dimanche dans le village et ont commis une "vengeance", a-t-il dit.
Interrogé pour savoir si l'incident avait une dimension religieuse, il a simplement répondu que "les victimes sortaient de prière" à la mosquée."Il s'agit clairement d'un cas de vol à main armée", a-t-il déclaré.
Le villageois interrogé par l'AFP, Dauda Maikudi, a déclaré que des voleurs étaient actifs dans la région car Dogon Dawa était situé sur un axe routier emprunté par des commerçants transportant des biens et de l'argent.
"Le raid s'est produit avant l'aube.Les attaquants, certains vêtus d'uniformes de la police, sont arrivés au village.Ils ont tué huit fidèles dans la mosquée et ont tué treize autres habitants dans le village", a-t-il raconté.
"Nous pensons qu'il s'agit de voleurs armés car la zone est infestée de voleurs armés depuis des années", a-t-il dit.
Par ailleurs, un engin explosif artisanal a explosé sans faire de victime dimanche sur une route à Maiduguri (nord-est), quelques jours après une attaque similaire contre une patrouille militaire dans ce fief de Boko Haram, a indiqué le lt-colonel Musa.
Selon un habitant, une patrouille militaire était visée par la bombe et les soldats ont fait fuir les habitants en tirant à l'aveugle pour les disperser.
Des habitants de Maiduguri ont fait état il y a quelques jours de 30 morts parmi des civils lors d'une descente sanglante des soldats, juste après un attentat à la bombe.L'armée a nié ces accusations.
Pour le militant des droits de l'homme Shehu Sani, un spécialiste des violences religieuses dans le nord du pays, "le Nigeria est devenu un pays d'inconnus armés et de dirigeants absents".
"Les accès de violence et les bains de sang insensés dans le nord du Nigeria ont atteint un niveau alarmant et inacceptable", a-t-il déclaré.
Les massacres dans le Nord sont rarement suivis d'arrestations et de procès, a-t-il relevé, avertissant que "cette impunité a créé un climat de peur" dans toute la région.
Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, est divisé entre un Nord majoritairement musuman et un Sud à dominante chrétienne.
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