Afrique du Sud: le président Zuma exhorte les mineurs à finir les grèves

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PRETORIA (AFP) - (AFP)

Le président Jacob Zuma a exhorté mercredi les mineurs à mettre fin aux grèves sauvages à l'origine d'une crise sociale sanglante et ruineuse pour l'économie sud-africaine et qui met aussi à l'épreuve sa propre autorité.

A deux mois d'un congrès de l'ANC --le parti au pouvoir-- où il espère être réélu facilement, M. Zuma n'a pas envie d'apparaître comme le président d'un pays en plein chaos économique avec une devise nationale au plus bas depuis trois ans et des agences financières guettant le moindre signe pour dégrader encore davantage la note de l'Afrique du Sud.

"Nous appelons les travailleurs participant à des grèves sauvages à retourner au travail dès que possible afin que la production dans l'industrie minière revienne à la normale", a déclaré le président Zuma, à l'issue d'une réunion avec les partenaires sociaux dont il a lu la déclaration finale commune.

 "Le droit de grève et de manifester, protégé par la Constitution, doit être exercé pacifiquement.Nous ne transigerons pas là-dessus", a-t-il ajouté sans annoncer de véritable décision.

"Nous assurons les travailleurs que nous sommes conscients des frustrations et des difficultés apparues de plus en plus clairement au fil des manifestations", a-t-il ajouté.

"Ces doléances légitimes méritent qu'on s'en occupe", a-t-il dit, promettant un plan pour répondre aux besoins en logement des mineurs.

Il a aussi évoqué ces "disparités de salaires qui crée du ressentiment et entame la cohésion sociale entre Sud-Africains".

Jouant sur les symboles dans un pays où les inégalités sont parmi les plus élevées au monde, un appel a été lancé à tous les patrons du privé et du public pour qu'ils gèlent leur rémunération au cours des douze prochains mois dans cette déclaration qui engage également les représentants du patronat.

Sa mise en oeuvre n'a été en rien précisée, laissant cela à la bonne volonté des intéressés, au moins pour l'instant.

Si les pouvoirs de M. Zuma pour résoudre la crise sont limités, de l'avis de plusieurs observateurs, ceux-ci soulignent comme le politologue Joe Mavuso que le président "tient à être vu comme le pilote de la sortie de crise économique et sociale".

La crise "le met maintenant personnellement en difficulté, et il veut pouvoir se rendre au congrès (de l'ANC) en décembre sans avoir des choses à se reprocher", dit-il.La position a la tête du parti au pouvoir garantit en principe la présidence du pays.

"Le président Zuma n'est pas en position de jouer les médiateurs", a souligné de son côté Moeletsi Mbeki, commentateur politique et frère de l'ancien président Thabo Mbeki, évincé par M. Zuma en 2007.

 Une situation qui demeure très conflictuelle 

"Ils n'auraient jamais dû utiliser la force contre les mineurs, ça a braqué les travailleurs.Le gouvernement a été incroyablement désinvolte et insensible à propos de ce secteur fondamental pour des millions de Sud-Africains", juge-t-il.

La dernière fois que M. Zuma s'était exprimé sur la crise minière, c'était pour annoncer une reprise en main par la police début septembre.

Le risque d'effusion de sang a nettement diminué depuis.Lances et machettes n'ont plus droit de cité dans les meetings de mineurs en grève.Ces rassemblements sont même souvent interdits.

Mais la situation demeure très conflictuelle et propice à des violences imprévisibles visant la police, les non-grévistes ou le Syndicat national des mineurs (NUM), accusé d'être pro-patronal et victime de plusieurs règlements de compte mortels.

Le geste de la Chambre des mines pour améliorer l'ordinaire des mineurs d'or à coup de primes et de promotions a permis un début de reprise du travail à Beatrix (centre).

Mais ailleurs, le blocage reste de mise, alimenté par la détermination des grévistes à arracher les fortes hausses de salaires qu'ils réclament.

Et depuis août, pas une semaine ne passe sans son lot de violences dans les mines, qui sans atteindre la gravité de la fusillade de Marikana, où la police a abattu 34 grévistes le 16 août, donnent de l'Afrique du Sud l'image d'une poudrière hors de contrôle de l'appareil politique, syndical et patronal.

Le bilan général dépasse déjà les 50 morts.

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