Si on "diabolise" les salafistes, ils seront au pouvoir en Tunisie dans 15 ans, selon un leader d'Ennahda

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PARIS (AFP) - (AFP)

Si les salafistes tunisiens sont "diabolisés", ils seront au pouvoir" dans "dix ou quinze ans", estime le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahda, Rached Ghannouchi, dans un entretien au Monde publié jeudi.

"Il faut éviter le discours de l'ennemi de l'intérieur", estime M. Ghannouchi, très critiqué après la diffusion sur internet d'une vidéo où il tient des propos conciliants à des jeunes salafistes.

"Si nous voulons diaboliser les salafistes, dans dix ou quinze ans, ce sont eux qui seront au pouvoir", ajoute le leader islamiste tunisien.

"C'est pour cela que nous leur parlons en tant que citoyens, et non comme des ennemis", se défend M. Ghannouchi.

Dans la vidéo, M. Ghannouchi demandait aux salafistes de faire preuve de "sagesse" pour asseoir leur pouvoir face aux laïcs qui contrôlent encore médias et institutions et "qui peuvent rebondir après leur échec" aux élections d'octobre 2011.

Juste après la diffusion de cette vidéo, Ennahda avait affirmé que la rencontre entre son chef et un groupe de jeunes salafistes remontait au mois de février et que ses déclarations avaient été l'objet d'un montage pour les sortir de leur contexte.

Interrogé par le Monde, Rached Ghannouchi estime qu'"il n'y avait rien (dans la vidéo) contre les droits de l'homme, rien sur un prétendu appel à un coup d'Etat ou sur la régression en ce qui concerne l'égalité des sexes".

"L'opposition a voulu en faire un objet de scandale afin d'influencer l'opinion publique tunisienne et plus encore l'opinion publique occidentale, et détruire l'idée qu'il y aurait une distinction entre l'islam modéré et l'islam radical", accuse-t-il.

L'opposition avait qualifié de "très grave" le contenu de la vidéo illustrant "le double discours d'Ennahda".

75 députés de l'opposition avaient signé une pétition réclamant la dissolution du parti Ennahda.

Le gouvernement dirigé par Ennahda est accusé de laxisme envers les salafistes, alors que M. Ghannouchi avait qualifié les salafistes jihadistes de "danger" et prôné la fermeté dans la foulée de l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre.

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