Les familles des victimes ont vécu une journée éprouvante mardi, lorsque la commission d'enquête a projeté les images du massacre de Marikana (nord de l'Afrique du Sud) qui a fait 34 morts parmi des mineurs en grève le 16 août, tandis que leur avocat accusait les autorités de préméditation.
L'auditorium de Rustenburg, chef lieu du bassin minier où se trouve la mine de platine théâtre du massacre, a résonné de longs instants des pleurs et cris de douleurs des proches, surtout des femmes dont certaines se sont effondrées.
Certaines découvraient pour la première fois les images auxquelles l'Afrique du Sud avait assisté dans la stupeur générale le 16 août, quand la police avait ouvert le feu contre les grévistes.
La commission d'enquête a alors fait une pause, et permis à ces proches de visionner les images dans une pièce séparée, et de discuter avec leur conseiller légal.
De son côté, l'un des avocats des victimes, Dali Mpofu a dénoncé "une meurtre prémédité contre des personnes sans défense".
"Il avait été convenu lors d'une réunion de police le 16 août que la phase 3 de leur plan devait être exécutée, et ces discussions sont remontées jusqu'au chef de la police et au ministre", a-t-il relevé.
Il a aussi mis en cause un ténor de l'ANC, l'ancien syndicaliste Cyril Ramaphosa, qui siège dans le conseil d'administration de Lonmin, le groupe britannique employant les mineurs.
L'avocat a cité un échange d'e-mails la veille du massacre entre la direction de Lonmin, les ministres des Mines et de la Police, et M. Ramaphosa estimant que les événements prenaient une tournure criminelle, et méritaient un réponse appropriée.
Il y avait eu dix morts dans les jours précédant la fusillade, victimes de règlements de compte, notamment deux vigiles employés par Lonmin et deux policiers tués à la machette, dont les armes de service avaient été volées.
"Ces e-mails datent du 15 août à 14h58, exactement 24 heures avant" le massacre sur la colline de Marikana, a accusé M. Mpofu.
Par ailleurs, sur l'une des vidéos visionnées mardi, on entend le chef de la police régionale Zukiswa Mbombo expliquer à des journalistes: "Je ne veux pas vous expliquer ce que nous allons faire s'ils (les manifestants) ne bougent pas (...) mais aujourd'hui on en finit avec ce truc".
Lundi, pour la première fois, à la reprise des travaux de la commission d'enquête, la police sud-africaine a reconnu que la majorité des 34 grévistes abattus le 16 août à la mine de Marikana avaient été tués quand les forces de l'ordre ont poursuivi les fuyards, et non lors de la fusillade, n'excluant pas la possibilité de bavures.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.