Un tribunal ghanéen a libéré mercredi sous caution le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté pour meurtres, mais il risque toujours d'être extradé pour une autre affaire de crimes économiques.
"Accusé, vous êtes libre", a déclaré le juge Ali Baba Bature à Justin Koné Katinan, estimant que celui-ci ne pouvait être poursuivi au Ghana pour des meurtres qu'il est accusé d'avoir commis en Côte d'Ivoire.
M. Koné Katinan avait été arrêté une première fois au Ghana le 24 août pour des crimes économiques qu'il est accusé d'avoir commis en tant que ministre du Budget de M. Gbagbo.
Libéré sous caution le 25 septembre, il a été arrêté de nouveau trois jours plus tard à la suite d'un nouveau mandat des autorités ivoiriennes l'accusant du meurtre de deux hommes.
"Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana", a demandé le juge aux procureurs.
"Au mieux, (la Côte d'Ivoire) peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas", a-t-il ajouté.
La police a dit à M. Katinan qu'il était obligé de se présenter au commissariat pour rendre effective sa libération, mais son avocat a refusé, selon un journaliste de l'AFP.
"C'est hors de question", a rétorqué maître Patrick Sogbodjor à la police avant de faire monter M. Katinan à l'arrière de sa voiture et de quitter le tribunal.
Une fois libéré, M. Katinan a été conduit par son avocat à un autre tribunal, mais le magistrat n'étant pas disponible, l'examen de la demande d'extradition a été ajournée au 7 novembre.
Parmi ceux qui ont assisté à l'audience d'aujourd'hui, certains se sont effondrés en larmes à la libération de M. Katinan, et selon le journaliste de l'AFP, certains parlaient français et conduisaient des véhicules immatriculés en Côte d'Ivoire.
Justin Koné Katinan fait partie des milliers d'Ivoiriens qui ont fui au Ghana après la chute du président Gbagbo l'an dernier au terme d'une crise post-électorale qui a fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire.
La crise avait été provoquée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à son rival Alassane Ouattara en novembre 2010.
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