Le président rwandais Paul Kagame, grand favori de la présidentielle du 9 août, a ouvert mardi la campagne électorale en mobilisant des dizaines de milliers de partisans, après avoir balayé les critiques sur la détérioration du climat dans son pays, marqué par les meurtres récents d'un opposant et d'un journaliste.
"Je suis très confiant dans le fait que les Rwandais choisiront de travailler avec le FPR", le Front patriotique rwandais au pouvoir, a déclaré mardi M. Kagame, 52 ans, lors d'une conférence de presse organisée au premier jour de la campagne électorale.
"Mais je ne prends rien pour acquis.Les électeurs rwandais ont la liberté de choisir.Nous devons chercher leur soutien et expliquer pourquoi nous méritons leur confiance", a-t-il ajouté.
En soirée, M. Kagame a rassemblé plus de 30.000 de ses partisans dans le stade national du Rwanda, à Kigali, le plus grand lieu de rassemblement du pays.En tenue décontractée, survêtement noir et baskets, souriant, il a promis de "poursuivre la bataille pour le développement et pour la paix", devant une foule jeune et enthousiaste aux couleurs du FPR, rouge-blanc-bleu.
Paul Kagame sollicite auprès des quelque cinq millions d'électeurs un nouveau mandat de sept ans après sa première élection en 2003, même s'il est de facto à la tête du pays depuis que le FPR qu'il dirige a pris le pouvoir en chassant en juillet 1994 le régime génocidaire extrémiste hutu.
Loué pour sa vision économique et l'indéniable transformation sociale du Rwanda, critiqué pour ses penchants autoritaires, il sera opposé à trois candidats issus de partis qui l'avaient soutenu lors de la présidentielle en 2003, ce qui leur vaut d'être qualifiés de "satellites" du FPR par les formations d'opposition récemment apparues.
Ces trois partis d'opposition, les Forces démocratiques unifiées (FDU), le Parti démocratique vert et le Parti social (PS, Imberakuri), de facto exclus du scrutin présidentiel, ont demandé en vain son report.
La présidente des FDU, Victoire Ingabire, est sous contrôle judiciaire depuis le 21 avril après avoir été inculpée de négation du génocide et complicité de terrorisme.Le président du PS Bernard Ntaganda, sous le coup d'accusations similaires, est détenu depuis le 24 juin.
La campagne s'ouvre après cinq mois marqués par une série d'attentats à la grenade à Kigali -- deux morts et des dizaines de blessés -- des arrestations de responsables militaires et des mises en garde de M. Kagame sur des menaces de "coup d'Etat" fomentés par d'anciens camarades d'armes en exil.
Le 24 juin, le journaliste Jean Léonard Rugambage était tué par balles à Kigali.Il avait mis en cause les autorités rwandaises dans la tentative d'assassinat, quelques jours plus tôt en Afrique du Sud, du général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien camarade de combat de Paul Kagame devenu un de ses critiques les plus virulents.
Le 14 juillet, le corps quasi-décapité de l'opposant André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti démocratique vert était retrouvé dans un marais du sud du Rwanda.
Interrogé par la presse sur ces deux meurtres, M. Kagame a démenti toute implication du gouvernement.
"Il n'y a rien à gagner de tout ça.Pourquoi le gouvernement serait aussi stupide?Je pense qu'il y a quelque chose de terriblement faussé: des gens tirent des conclusions hâtives sans aucune preuve", a-t-il lancé.
Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait demandé "une enquête complète" sur les deux récents meurtres, lors d'un entretien avec M. Kagame à Madrid.
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