Les sauveteurs tentaient, jeudi, de trouver les derniers rescapés sous les décombres d'un centre commercial dont l'effondrement à Accra, mercredi, a fait neuf morts selon le dernier bilan communiqué par l'armée ghanéenne, sur fond de polémique sur l'illégalité de la construction de l'édifice tout neuf.
Une équipe de l'armée israélienne est arrivée sur place, jeudi, avec un chien renifleur et du matériel sophistiqué de détection, pour épauler les secouristes ghanéens qui tentaient de déblayer les débris à l'aide de scieuses à béton et d'une grue.
Soixante-neuf survivants ont déjà été secourus depuis la catastrophe survenue mercredi matin, avant l'ouverture des lieux au clients.
A leur arrivée sur le site, les huit Israéliens ont dit à l'AFP avoir appelé en criant les éventuels survivants mais n'avoir obtenu aucune réponse."Maintenant, nous allons devoir chercher à l'intérieur du bâtiment ceux qu'on ne voit pas, qu'on n'entend pas et qui sont, nous l'espérons, encore en vie", a déclaré le sergent major Dan Nemet.
Selon la police, une cinquantaine d'employés travaillait dans l'établissement, sur six étages.Mais on ignorait toujours, jeudi, combien de personnes se trouvaient réellement à l'intérieur au moment de l'effondrement du centre commercial Melcom.
"Nous continuerons à travailler jusqu'à ce que la dernière personne soit retrouvée", a promis Alfred Oko Vanderpuije, ministre de l'agglomération d'Accra.
"Vu le nombre de plus en plus important de survivants secourus, il y a sûrement encore des gens que nous devons sortir des décombres", a-t-il ajouté.
Pas de permis de construire
Le bâtiment, où le centre commercial venait d'être ouvert cette année, n'avait pas de permis de construire et le mélange de ciment utilisé ne correspondait pas aux normes requises, selon un des responsables de l'enquête.
"Ils n'avaient pas de permis, ce qui veut dire que l'autorité municipale d'Accra n'aurait pas fait valider la construction par un inspecteur", a déclaré Magnus Quarshie, vice-président du GIE (Ghana Institution of Engineering) chargé de l'enquête sur la catastrophe.
"De l'inspection que nous avons faite, nous pouvons constater des problèmes structurels.Le mélange de ciment ne correspond pas aux spécificités requises", a-t-il ajouté.
Le groupe Melcom, basé au Ghana, a fait savoir qu'il ne faisait que louer le bâtiment.
Une femme, Margaret Apentia, patientait jeudi sur les lieux depuis presque 24 heures dans l'attente de nouvelles de sa soeur: "Je garde espoir et je prie (...) j'ai déjà fait le tour de tous les hôpitaux".
Le président ghanéen John Dramani Mahama avait annoncé mercredi qu'il suspendait sa campagne électorale, à quelques semaines du scrutin présidentiel et parlementaire de décembre, à cause de la "tragédie"."J'ai exigé une enquête sur l'accident et des mesures sont prises afin d'entendre des personnes, de les interroger pour comprendre ce qui a mené à ce désastre", a déclaré M. Mahama lors de sa deuxième visite sur les lieux jeudi.
Le Ghana, qui compte 20 millions d'habitants, est un gros producteur de cacao et d'or et a commencé à produire du pétrole en 2010.Le pays est vu comme un exemple de stabilité en Afrique de l'Ouest.
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