"Ce n'est pas au Tchad qu'el-Béchir sera arrêté", affirme un ministre tchadien

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N'DJAMENA (AFP)

Le président soudanais Omar el-Béchir, visé par des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), ne sera pas interpellé au Tchad, pays qui reconnaît pourtant cette juridiction, a affirmé à l'AFP le ministre tchadien de l'Intérieur, Ahmat Mahamat Bachir.

"Dans quel pays un chef d'Etat en fonction a-t-il été arrêté ? Ce n'est pas au Tchad qu'el-Béchir sera arrêté", a déclaré le ministre."Le Tchad est un Etat souverain et indépendant.(...) Nous ne dépendons pas des injonctions des organisations internationales", a-t-il ajouté.

Le ministre s'exprimait peu avant l'arrivée à N'Djamena du président soudanais, qui a été accueilli à l'aéroportpar son homologue tchadien Idriss Deby Itno.

Omar el-Béchir, qui a eu droit aux honneurs dus à un chef d'Etat, doit assister au sommet des dirigeants de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) programmé officiellement jeudi et vendredi.

Dans une brève déclaration aux journalistes, M. Béchir a affirmé être venu à N'Djamena pour témoigner de la volonté partagée avec son homologue "de tourner la page après les différends qui ont opposé" leurs deux pays.

"Nous sommes dans une nouvelle phase de l'histoire de nos deux pays, dans l'intérêt de nos deux peuples", a-t-il conclu.

Après cinq ans de guerre par groupes rebelles interposés, le Tchad et le Soudan, des voisins, ont entrepris de normaliser leurs relations et ont signé mi-janvier à N'Djamena un accord assorti d'un "protocole de sécurisation des frontières".

Omar el-Béchir fait l'objet depuis mars 2009 d'un mandat d'arrêt de la CPI qui le soupçonne de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan limitrophe du Tchad en proie depuis sept ans à une guerre civile complexe.La CPI a émis ce mois-ci un second mandat pour génocide à son encontre.

Plus tôt mercredi, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Mahamat Faki, avait assuré qu'il ne sera pas inquiété à N'Djamena, et ce, en dépit du fait que ce pays a ratifié le statut de Rome, acte fondateur de la CPI, et qu'il est en théorie tenu d'arrêter des suspects poursuivis par la Cour qui voyagent sur son territoire.

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