Un Tunisien de 23 ans, en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur l'attaque en septembre de l'ambassade américaine à Tunis par des militants islamistes radicaux, est mort jeudi après près de deux mois de grève de la faim, selon son avocat, Abdelbasset Ben Mbarek.
"Bechir Gholli, en grève de la faim depuis 57 jours, avait été transféré (de sa cellule) à l'hôpital le 13 novembre et il est mort aujourd'hui (jeudi) d'un arrêt cardiaque", a déclaré l'avocat par téléphone à l'AFP.
Ce décès intervient à la vieille de la grande prière hebdomadaire du vendredi, jour que les islamistes ont par le passé choisi pour des manifestations qui parfois dégénèrent en violences.
M. Gholli était le père d'un enfant de six mois, a précisé l'avocat.
Il était soupçonné d'avoir participé à l'attaque contre l'ambassade américaine à Tunis le 14 septembre (quatre morts parmi les assaillants) et qui, selon les autorités, avait été orchestré par la mouvance salafiste jihadiste.
"Il était innocent, il a fait la grève de la faim pour se défendre", a déclaré l'avocat, assurant que son client n'était pas un salafiste.
Une quarantaine de proches du défunt étaient réunis vers 21H30 GMT devant l'hôpital Charles Nicolle de Tunis pour réclamer le corps, a indiqué l'avocat.
Par ailleurs, selon la même source, un second suspect en grève de la faim, Mohamed Bakhti, 28 ans, est "dans un état critique".
Le ministère de la Justice, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité commenter cette information.
Une source judiciaire a néanmoins indiqué à l'AFP que deux suspects, arrêtés pour leur rôle dans l'attaque contre l'ambassade américaine, étaient hospitalisées jeudi matin dans un état critique.
Me Mbarek avait indiqué à l'AFP le 26 septembre dernier que Gholli et Mbarek avaient débuté leur grève de la faim après avoir "été frappés par la police" lors de leur arrestation et pour dénoncer leur placement avec neuf autre détenus "dans une cellule de 1,5 mètre sur deux" à la suite d'une bagarre avec des prisonniers de droit commun.
L'avocat avait brocardé alors "des conditions de détention humaines" et estimé qu'il n'y avait "pas de preuve de leur implication" dans les violences.
Des centaines de militants tunisiens, salafistes pour la plupart, avaient attaqué la représentation diplomatique américaine à Tunis le 14 septembre, l'incendiant partiellement, pour protester contre la diffusion sur internet d'un film islamophobe produit aux Etats-Unis.
Plus d'une centaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, et la mouvance salafiste jihadiste a dénoncé une répression injustifiée à son encontre.
Les flambées de violences salafistes interviennent régulièrement en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011.
Fin octobre, deux militants de cette mouvance sunnite rigoriste étaient morts dans la banlieue de Tunis lors d'attaques contre deux postes de la garde nationale.
Mohamed Bakhti est connu comme appartenant à un mouvement jihadiste tunisien proche de Abou Iyadh, l'organisateur présumé de l'attaque contre l'ambassade des Etats-Unis, et qui échappe toujours à la police.
M. Bakhti avait été condamné en 2007 à douze ans de prison après des affrontements sanglants entre l'armée et des islamistes à Soliman, près de Tunis, à l'époque du président Zine El Abidine Ben Ali.Il a bénéficié de l'amnistie décrétée après la révolution de 2011.
Abou Iyadh, libéré lui aussi à la faveur de cette amnistie, est pour sa part considéré comme l'un des dirigeants du groupe de Tunisiens proche des talibans afghans accusé d'avoir organisé l'attentat ayant tué le commandant Massoud le 9 septembre 2001.
L'attaque suicide avait été commis par deux Tunisiens s'étant fait passer pour des journalistes.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.