Meurtre de l'Ivoirien Mahé: 4 soldats français renvoyés devant le tribunal

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PARIS (AFP)

Quatre militaires français, dont un colonel, ont été renvoyés devant les assises par une juge du tribunal aux armées de Paris pour le meurtre de Firmin Mahé, Ivoirien mort étouffé dans un blindé français en 2005 en Côte d'Ivoire, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Le général Henri Poncet, à l'époque commandant de la force Licorne déployée en Côte d'Ivoire depuis fin 2002 entre les troupes loyalistes et celles de la rébellion et qui avait été mis en examen pour "complicité d'homicide volontaire", a en revanche bénéficié d'un non-lieu, conformément aux réquisitions du parquet, a-t-on précisé.

Le colonel Eric Burgaud et les trois soldats qui se trouvaient à bord du véhicule blindé léger (VBL), sont renvoyés devant la cour d'assises, selon ces sources.

"Je prends acte du renvoi de mon client devant la cour d'assises", a indiqué l'avocat d'Eric Burgaud, Me Alexis Gublin.Le colonel, soupçonné d'avoir donné l'ordre de tuer Firmin Mahé, est renvoyé pour complicité d'homicide volontaire, tout comme un militaire à bord du VBL.

Un deuxième soldat à bord du blindé est renvoyé pour homicide volontaire tandis que le conducteur du véhicule, le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, est renvoyé pour omission d'empêcher un crime.

"Nous démontrerons devant la cour d'assises qu'il s'agit d'une incrimination absurde compte tenu des circonstances et de la configuration des lieux", a dit son avocat, Me Eric Morain, à l'AFP.

Quant au général Poncet, "il est soulagé de cette décision" de non-lieu, a dit son avocat, Me Jean-René Farthouat."C'est une décision équitable que nous avions demandée en l'absence de toute charge à imputer au général", a-t-il ajouté.

Considéré par les soldats de la force Licorne comme un "coupeur de route", un bandit semant la terreur dans la région de Man (ouest du pays), Firmin Mahé avait été interpellé le 13 mai 2005 après avoir été blessé à une jambe lors d'un accrochage avec des militaires français.

Il avait ensuite été conduit à une infirmerie puis dirigé vers Man sur ordre du général Poncet.Dans le blindé qui l'emmenait, il avait été étouffé par des militaires qui disaient avoir agi sur ordre.

Au cours de l'instruction, le colonel Burgaud a désigné le général Poncet comme ayant donné l'ordre implicite de tuer Mahé.

"+Roulez doucement, vous me comprenez+ (...).Cela signifiait que la solution idéale était qu'il décède en route", a notamment affirmé au juge le colonel Burgaud, relatant l'ordre que lui aurait transmis le général.

Le colonel avait ensuite donné l'ordre aux soldats de "prendre leur temps".L'un d'eux a reconnu devant la magistrate avoir étouffé Mahé, alors inconscient, avec un sac poubelle en plastique.

Devant le juge, le général Poncet s'était fermement défendu, déclarant n'avoir "pas l'habitude de donner des ordres implicites susceptibles d'interprétation, pouvant laisser (ses) subordonnés +divaguer+".

Le tribunal aux armées de Paris est compétent pour les crimes et délits commis par ou contre des soldats français à l'étranger.

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