Le président gambien Yahya Jammeh, qui célébrait jeudi le 16e anniversaire de sa prise de pouvoir par un coup d'Etat militaire, a consacré l'essentiel de son discours au trafic de drogue et à la corruption dans son tout petit pays ouest-africain.
"Dans le passé récent, la dimension des (trafics de) drogues en particulier a augmenté de façon alarmante et les Gambiens ont été ébahis par la découverte d'énormes quantités de drogues dures, impliquant des officiers qui ont trahi la confiance du peuple," a affirmé le chef de l'Etat.
Il s'en est pris à ceux qu'il a appelés les "véritables ennemis de l'Etat", "qui tentent de se servir de la Gambie comme base et point de transit pour le commerce le plus dangereux, le trafic de drogues illicites".
Début juin, plus de deux tonnes de cocaïne avaient été saisies en Gambie, dans un souterrain dissimulé derrière un faux mur d'un entrepôt.Quinze personnes avaient été arrêtées dont trois Néerlandais, deux Vénézuéliens, quatre Nigérians et trois Ghanéens.
Ces derniers mois, les autorités ont également fait arrêter d'anciens hauts responsables accusés d'avoir été mêlés à des affaires de drogue et corruption.
La Gambie célébrait officiellement jeudi le "jour de la liberté", marquant l'accession au pouvoir de Yahya Jammeh, âgé de 45 ans.
Il a discouru face à des milliers de partisans vêtus de vert - couleur de son parti - ainsi que des diplomates, des représentants des forces de sécurité et des délégués du Sénégal, de Guinée et de Taïwan.
Le matin même, le chef de l'Etat avait renvoyé son ministre des Finances nommé il y a seulement quatre mois.Aucune explication officielle n'a été donnée à l'éviction de Momodou Foon, remplacé par l'actuel ministre du Commerce, Abdou Colley.
Régnant en maître sur l'ex-colonie britannique, Jammeh remanie très fréquemment son gouvernement et détient lui-même les portefeuilles de la Défense, de l'Education, de l'Agriculture et des Infrastructures.
La fête intervient une semaine après les condamnations à mort de huit hauts responsables, dont les anciens chefs de l'armée et du renseignement, accusés d'avoir comploté pour renverser le président.
Les défenseurs des droits de l'homme gambiens et étrangers assurent que le président est devenu "paranoïaque", qu'il "voit des coups d'Etat partout" et s'emploie à écarter tous ceux qui apparaissent comme des menaces ou rivaux potentiels.
Le régime est régulièrement accusé "d'intimidations et agressions contre la presse", "d'arrestations arbitraires", de "tortures, meurtres, exécutions sommaires", a rappelé la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), basée à Dakar.
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