Une femme a été tuée et sept personnes blessées par balles depuis lundi dans le nord-est du Kenya, ont annoncé mardi la Croix-Rouge et un député, lors de heurts avec les forces de l'ordre qui se sont déchaînées contre la population après le meurtre de trois militaires la veille.
Une cinquantaine de personnes ont été hospitalisées depuis lundi soir, nombre d'entre elles blessées par des coups de matraques lors d'une opération de sécurité lancée après les meurtres dans Garissa, ville de garnison proche de la frontière somalienne.
"Ce (mardi) matin, la Croix-Rouge kényane a porté secours à quatre hommes, quatre femmes et deux enfants, huit d'entre eux ayant été blessés par balles", écrit l'organisation dans un communiqué, ajoutant avoir transporté depuis lundi à l'hôpital 48 personnes souffrant de diverses blessures.
Un député de Garissa, Adan Duale, a ensuite indiqué à l'AFP que "malheureusement, une femme parmi les huit blessés avait succombé à ses blessures par balles".
Un médecin de l'hôpital de Garissa, Musa Mohamed, a indiqué mardi qu'au "moins 15 personnes avaient été admises depuis la matinée avec différents types de blessures".
L'opération répressive lancée après les meurtres a déclenché des violences, au cours desquelles le marché principal de Garissa a été incendié.
Un calme relatif et un retour à la normale ont été observés dans l'après-midi dans la ville, a indiqué la Croix-Rouge kényane dans un communiqué.
M. Duane a néanmoins mis en garde contre de possibles nouvelles violences entre militaire et habitants de Garissa."Les soldats doivent déménager de Garissa, les vies et les biens perdus doivent être indemnisés et une commission d'enquête mise en place", a-t-il estimé, mettant en cause l'attitude des forces de l'ordre.
Les trois militaires ont été abattus par des hommes armés non identifiés alors qu'ils changeaient un pneu.Ces meurtres sont le dernier épisode en date d'une série d'attaques armées ou à la grenade contre les forces de l'ordre ou des églises, menées depuis l'entrée en octobre 2011 de l'armée kényane en Somalie pour y combattre les insurgés islamistes shebab.
Ces attaques - comme celles perpétrées dans d'autres villes kényanes, dont la capitale Nairobi - sont souvent attribuées par les autorités aux shebab qui ont à plusieurs reprises menacé le Kenya de représailles, mais n'ont jamais revendiqué aucun des attentats commis depuis un an sur le sol kényan.
Les shebab ont nié toute implication directe dans le meurtre des policiers, "mais des sympathisants de notre cause peuvent avoir agi seuls", a déclaré à l'AFP leur porte-parole militaire, Cheikh Abduaziz Abu Musab, joint depuis Nairobi.
La multiplication récemment des violences au Kenya - attentats ou affrontements communautaires - suscitent des inquiétudes à l'approche des élections générales prévues en mars.
La violente contestation du précédent scrutin de décembre 2007 avait dégénéré en affrontements ethniques et débouché sur les pires violences qu'ait connues le pays, faisant plus de 1.000 morts et 600.000 déplacés.
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