Egypte: Mohamed Morsi renforce ses pouvoirs et limoge le procureur général

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LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a pris jeudi des dispositions à valeur constitutionnelle élargissant ses pouvoirs, en particulier face à l'appareil judiciaire au sein duquel il a limogé le puissant procureur général.

"Le président peut prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution", a annoncé le porte-parole de la présidence, Yasser Ali, donnant lecture d'une "déclaration constitutionnelle" à la télévision.

"Les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président sont définitives et ne sont pas sujettes à appel", a-t-il ajouté.

L'opposant Mohammed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la Paix, a accusé M. Morsi de se proclamer "nouveau pharaon".

"Aujourd'hui, Morsi a usurpé tous les pouvoirs et s'est proclamé nouveau pharaon d'Egypte.Un énorme coup porté à la révolution qui pourrait avoir d'épouvantables conséquences", a écrit M. ElBaradei sur Twitter.

M. Morsi a également décidé de limoger le procureur général, Abdel Meguid Mahmoud, qu'il avait échoué à démettre de ses fonctions le mois dernier, et a désigné Talaat Ibrahim Abdallah pour le remplacer, pour une période de quatre ans.

M. Mahmoud a été nommé du temps du président Hosni Moubarak renversé en février 2011.

M. Morsi, issu des Frères musulmans et élu en juin dernier, avait dû renoncer à l'envoyer comme ambassadeur au Vatican après que M. Mahmoud eut fermement refusé cette nomination.

Cette volonté d'écarter le procureur avait été dénoncée à l'époque par de nombreux magistrats comme une ingérence de l'exécutif dans les affaires de la justice, et avait aggravé les relations déjà difficiles entre la présidence et une grande partie du pouvoir judiciaire.

M. Morsi a également décidé qu'aucune instance judiciaire ne pouvait dissoudre la commission chargée de rédiger la future Constitution, une instance cible de nombreuses critiques de la part des milieux libéraux et laïques ainsi que de l'église chrétienne copte, qui l'accusent d'être dominée par les islamistes.

La composition de cette commission constituante fait actuellement l'objet d'un recours devant la Haute cour constitutionnelle.

Le président Morsi dispose déjà du pouvoir exécutif mais aussi du pouvoir législatif, qu'il avait retiré en août dernier au Conseil suprême des forces armées (CSFA).Le CSFA s'était lui-même arrogé le pouvoir de légiférer après la dissolution en juin de l'Assemblée, dominée par les islamistes.

Sans députés depuis cette dissolution, l'Egypte est également sans Constitution, celle en vigueur sous M. Moubarak ayant été abrogée après sa chute sous la pression d'une révolte populaire au début de l'année dernière.

Une série de "déclarations constitutionnelles" émises par le pouvoir militaire de transition, puis par M. Morsi lui-même, tiennent lieu de cadre institutionnel au pays.

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