Le parti au pouvoir au Burundi était assuré de remporter les élections législatives de vendredi, boycottées par l'opposition et peu suivies par l'électorat, alors que les risques d'affrontements s'accumulent dans ce petit pays d'Afrique centrale.
Ces élections, qui devaient initialement asseoir le multipartisme dans ce pays ruiné par une guerre civile meurtrière (1993-2006), vont probablement se solder par une victoire écrasante du parti présidentiel et l'absence de véritable opposition à l'Assemblée nationale.
Alors que le marathon électoral entamé fin mai devait consolider la paix retrouvée dans ce pays enclavé de quelque 8,5 millions d'habitants, le troisième plus pauvre au monde selon la Banque Mondiale, le processus a au contraire relancé les risques d'affrontement.
Vendredi, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes peu après 06H00 (04H00 GMT) et l'affluence des premières heures de vote était timide dans la capitale, a constaté un journaliste de l'AFP.
Selon une évaluation de la mission d'observation de l'Union européenne dans neuf des 17 provinces du pays, le taux de participation oscillait à la mi-journée entre 13% à Bujumbura et 35% dans la province de Rutana.
"On n'a enregistré aucun incident majeur jusqu'ici et le scrutin se déroule dans le calme.La mission de l'UE se félicite du fait que les électeurs ont pu exercer leurs droits sans aucun problème", a déclaré Tommaso Caprioglio, chef adjoint de la mission.
Une seule formation d'opposition, l'Uprona, a accepté de participer aux législatives après avoir boycotté la présidentielle du 28 juin, largement remportée par le président sortant Pierre Nkurunziza, seul candidat en lice (91,62 %).
Tous les autres partis d'opposition ont maintenu leur retrait du processus électoral initié peu après le scrutin communal du 24 mai, dénonçant des fraudes massives.
Quant à Agathon Rwasa, leader de l'ex-rébellion des Forces nationales de libération (FNL), formation arrivée deuxième aux dernières communales, il a purement et simplement disparu de la vie publique depuis un mois, par crainte d'arrestation.
Si la communauté internationale s'est montrée pour le moins discrète ces dernières semaines, plusieurs de ses représentants à Bujumbura, souhaitant garder l'anonymat, ont fait part à l'AFP de leur pessimisme.
"L'opposition peut de nouveau être tentée par la voie de la violence, mais cela ne servira à rien car le pouvoir qui bénéficie du soutien total de la communauté internationale a les moyens de la museler", a ainsi estimé cette semaine un cadre de l'ONU, sous couvert d'anonymat.
Plus d'une centaine de responsables et militants de l'opposition ont été arrêtés au cours des trois dernières semaines et d'autres ont été torturés, d'après plusieurs associations de la société civile.
Selon la plate-forme d'opposition, le pouvoir CNDD-FDD a instauré "un régime de terreur qui est en train de contraindre les gens à fuir ou à chercher à se défendre".
Le scrutin de vendredi a été placé sous haute sécurité, notamment à la suite des attentats à Kampala qui ont fait 76 morts le 11 juillet en représailles à la contribution majeure de l'Ouganda à la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).
Depuis plusieurs jours, les patrouilles de police et les fouilles de véhicules sont plus fréquentes à Bujumbura.
L'Ouganda et le Burundi sont les deux seuls pays contributeurs de l'Amisom et les Shebab ont à plusieurs reprises menacé les deux pays.
"Après l'attentat en Ouganda, les mesures de sécurité ont été renforcées sur l'ensemble du pays", a ainsi confirmé à l'AFP le porte-parole de l'armée Gaspard Baratuza.
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