Burkina Faso: début des procès de soldats mutinés en 201

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OUAGADOUGOU (AFP) - (AFP)

Le premier procès de soldats impliqués dans les mutineries qui ont failli emporter le régime du président burkinabè Blaise Compaoré au premier semestre 2011 s'est tenu mardi à Ouagadougou.

Au total, 346 personnes actuellement en détention doivent être jugées dans une série de procès.Il s'agit de militaires (dont environ les deux tiers ont été radiés de l'armée), à l'exception d'une quinzaine de civils.

Selon une source proche du tribunal militaire, les procès devraient durer "jusqu'à la fin du premier trimestre 2013".

Le procès qui s'est tenu mardi au tribunal militaire concernait cinq soldats radiés, dont l'un est en fuite.

Selon le procureur militaire Sita Sangaré, les accusés "ont tous participé activement aux mutineries des 22 et 23 mars et des 15 et 16 avril 2011" dans la capitale et ont "volé des armes et des munitions de guerre pour perpétrer des crimes".Toutefois ils ont été jugés, non pour les mutineries, mais pour des pillages et vols commis après leur radiation de l'armée à la suite de ces troubles.

Deux ex-soldats ont été condamnés à cinq et six ans de prison ferme.Les deux autres présents ont écopé de cinq et six ans avec sursis.L'accusé en fuite a été condamné à dix ans ferme et est visé par un mandat d'arrêt.

Les peines sont plutôt clémentes, car les accusés risquaient de dix à 20 ans de prison.

Selon l'accusation, des armes, des kalachnikov notamment, ainsi que des objets de valeur ont été retrouvés au domicile des accusés.

De mars à juin 2011, la quasi-totalité des casernes, y compris la garde prétorienne du chef de l'Etat, s'étaient mutinées, parallèlement à des manifestations populaires, ébranlant le régime comme jamais depuis l'arrivée au pouvoir de M. Compaoré lors d'un coup d'Etat militaire en 1987.

Les violentes mutineries survenues mi-avril 2011 à Ouagadougou avaient forcé le président à quitter momentanément la capitale et entraîné la nomination d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau chef d'état-major de l'armée.

Après la vague de mutineries à travers le pays, accompagnées de nombreux pillages et de viols, l'armée a été restructurée par M. Compaoré, qui depuis la crise s'est attribué le ministère de la Défense.

"La crise est derrière nous", affirmait le chef de l'Etat le 29 octobre lors d'une rencontre avec des officiers, sous-officiers et militaires du rang.

"Nous avons eu des militaires qui s'étaient mis en marge des règlements militaires et de la morale de l'armée.Ils ont été indignes d'être dans l'armée, donc ont à répondre devant la justice", avait-il lancé.

Des élections législatives et municipales se tiennent dimanche dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, ex-colonie française indépendante depuis 1960.Ces premiers scrutins depuis la crise de l'an dernier auront valeur de test pour le pouvoir.

L'armée burkinabè doit envoyer des troupes au sein de la force armée africaine actuellement en préparation afin de déloger les islamistes armés occupant le nord du Mali voisin, même si M. Compaoré, médiateur pour l'Afrique de l'Ouest, privilégie la négociation.

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