Un avion d'observation doté de technologies militaires va être mis à la disposition du parc national Kruger, en Afrique du Sud, pour tenter de stopper le massacre des rhinocéros par les braconniers qui revendent la corne sur le marché de la médecine traditionnelle asiatique.
L'avion a été offert à l'Agence sud-africaine des parcs nationaux (SANParks) par une fondation familiale privée, la Fondation Ichikowitz, dont le président dirige également la plus grosse société sud-africaine de matériel et d'avionique militaire.
Il sera équipé de technologies de surveillance sophistiquées, dont des caméras thermiques, capables de détecter les différences de températures au sol et donc les êtres vivants ou les véhicules en marche.
Au moins 598 rhinos ont déjà été tués pour leur corne cette année en Afrique du Sud, dont 364 dans le célèbre parc Kruger, qui s'étend sur deux millions d'hectares et jouxte sur près de 400 kilomètres la frontière du Mozambique.
L'avion, un appareil léger très facilement manoeuvrable, a pour objectif de localiser les braconniers avant qu'ils n'opèrent, et de signaler leur position aux patrouilles au sol.
"Au lieu de pêcher dans le noir", a expliqué le patron de SANParks David Mabunda lors de la présentation à la presse, les rangers et soldats chargés de la lutte contre les braconniers disposeront "d'une alerte anticipée".
"Nous sommes en état de guerre, une guerre de faible intensité", a-t-il ajouté, confirmant à l'AFP que le gouvernement envisage également de déployer dès les prochains jours des drones (avions sans pilote) pour traquer les braconniers.
"La guerre est devenue moderne et sophistiquée, et nous avions besoin nous aussi de monter en gamme", a-t-il dit.
En moyenne, les rangers du parc Kruger prennent en chasse une vingtaine de groupes de braconniers chaque jour.La plupart de ces groupes viennent du Mozambique, devenu selon des experts la base arrière des chasseurs de rhinos et une plaque tournante du trafic de corne.
"C'est à la mode dans ce pays, les gens aspirent à devenir braconniers", se désole le directeur du parc Kruger, Abe Sibiya, qui assurent que les retombées économiques de l'activité criminelle sont visibles dans les villages pauvres du Mozambique.
Le braconnage alimente le marché clandestin de la médecine traditionnelle asiatique, essentiellement au Vietnam, où la corne se vend à prix d'or, jusqu'à 50.000 euros le kilo selon certaines ONG impliquées dans la lutte contre ce trafic.
La médecine traditionnelle asiatique prête à la corne de rhinocéros toutes sortes de vertus curatives, qui n'ont jamais été démontrées par la science.Cet étrange appendice nasal est en fait formé de kératine, la même matière que les ongles humains.
Parallèlement aux efforts de terrain -- des unités de l'armée sont déployées dans le Kruger depuis 2011 --, le gouvernement sud-africain tente de tarir la demande asiatique.La semaine prochaine, le ministre de l'Environnement se rendra à Hanoï pour signer un accord avec le Vietnam sur la coopération dans la lutte contre le braconnage.
Le 9 novembre, la justice sud-africaine a condamné à 40 ans de prison un trafiquant thaïlandais coupable d'avoir exporté illégalement 26 cornes.
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