Ghana: le chef de l'opposition craint que Mahama s'accroche au pouvoir

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ACCRA (AFP) - (AFP)

Le leader ghanéen de l'opposition Nana Akufo-Addo a déclaré mardi à l'AFP craindre que le président sortant et son parti refusent de quitter le pouvoir en cas de défaite au scrutin présidentiel du 7 décembre.

Le Ghana élit vendredi son président en un duel a priori serré entre le président par interim John Dramani Mahama et M. Akufo-Addo, son principal rival.Le pays fait figure d'exemple de démocratie en Afrique et le verdict des urnes y a été respecté ces dernières années,

"Nous avons l'impression que nos forces de sécurité ne sont pas neutres politiquement (...) qu'elles agissent en soutien du parti au pouvoir", le NDC (Congrès national démocratique), a déclaré le leader d'opposition, en reprochant au NDC de ne pas avoir condamé certains troubles électoraux.

"La grand majorité des Ghanéens est consciente que la paix et la stabilité (...)comptent parmi nos atouts majeurs", a estimé M. Akufo-Addo, leader du NPP (Nouveau parti patriotique)."Pourtant, a-t-il ajouté, on ressent un certain désespoir dans la façon dont la paix et la sécurité sont gérées dans notre pays".

"Nana", comme tout le monde l'appelle au Ghana, a dit soupçonner que les dirigeants du NDC ne veuillent s'accrocher au pouvoir en cas de défaite, en invoquant l'appui de ce parti à Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire voisine quand l'ex-président ivoirien refusa de reconnaître sa défaite lors de l'élection de 2010 contre Alassane Ouattara.

"Le gouvernement (NDC à Accra) n'avait pas caché son soutien envers Laurent Gbagbo pendant la crise ivoirienne," a déclaré M. Akufo-Addo, en demandant : "s'ils perdent, cela veut-il dire qu'ils sont attirés par l'exemple de Laurent Gbagbo?".

Selon Akufo-Addo, cependant, la commission électorale ghanéenne a fait ses preuves au cours des 20 dernières années et peut s'assurer de la tenue d'un "processus crédible" vendredi.

L'ancien avocat , âgé de 68 ans, était interrogé par l'AFP dans sa luxueuse résidence du centre de la capitale.

John Dramani Mahama, président par intérim depuis la mort de son prédécesseur John Atta Mills en juillet dernier, était vice-président lors de la crise post-électorale qui a fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire.

Le NDC a rejeté toutes les accusations formulées par le candidat de l'opposition, affirmant leur engagement en faveur d'une élection paisible.

M. Mahama a lui-même déclaré qu'il ne souhaitait pas gagner à tout prix et qu'il quitterait le pouvoir en cas de défaite.

"Nous avons voulu nous assurer que ce pays soit en paix, alors nous avons maintenu la paix", a déclaréun représentant du NDC, Georges Lawson, à l'AFP.

Le Ghana a connu des accès de violence sporadiques lors des précédentes campagnes électorales, mais les élections se sont toujours déroulées dans le calme.

Les deux principaux partis politiques se sont succédés au pouvoir depuis l'avènement de la démocratie en 1992 --et notamment en 2008, quand l'opposant Akufo-Addo a perdu à moins de 1% près.

Aujourd'hui "Nana" Akufo-Ado s'est dit persuadé de la victoire, parce que le gouvernement sortant n'a pas su augmenter le niveau de vie des Ghanéens malgré la forte croissance économique de ce pays de 24 millions d'habitants.

Il a également promis de reconnaître sa défaite éventuelle."Mais cette fois, je vais gagner", a-t-il souligné.

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