Un gendarme tunisien a été tué lundi et quatre autres blessés dans des affrontements avec des hommes armés dans l'ouest de la Tunisie, au moment où le pays voit se multiplier les foyers de tensions islamistes et sociaux deux ans après sa révolution.
"Les affrontements sont en cours", a indiqué vers 16H30 GMT à l'AFP un responsable des forces de sécurité tunisiennes dans la région de Kasserine.Deux hélicoptères et des blindés ont été déployés sur place.
Selon cette source haut placée, le gardien d'une société pétrolière a repéré des "hommes barbus" au comportement suspect à proximité de la localité de Bou Chebka, à 2 km de l'Algérie voisine, et a prévenu la garde nationale, l'équivalent tunisien de la gendarmerie.
"Le chef du poste s'est rendu le premier sur place et a été abattu", a expliqué ce responsable, précisant que ces hommes étaient probablement des "trafiquants d'armes".
Le défunt est l'adjudant Anis Jlassi.Quatre de ses collègues de la garde nationale ont été blessés et hospitalisés à Kasserine.
Les hommes armés seraient au nombre de quatre et se sont retranchés derrière une rivière.Des renforts militaires des régions voisines ont reçu l'ordre de se dépêcher sur les lieux.
Le ministère tunisien de l'Intérieur était injoignable en fin d'après-midi à Tunis pour commenter ces informations.
La source interrogée par l'AFP n'était pour sa part pas en mesure de dire, si les hommes armés étaient des salafistes jihadistes, une mouvance islamiste radicale responsable de plusieurs attaques sanglantes en Tunisie depuis la révolution de décembre 2010-janvier 2011.
La frontière tuniso-algérienne est d'autre part une zone de trafics en tout genre, notamment de carburant et de différents de produits de consommation courante, mais aussi d'armes.
Ainsi, les autorités tunisiennes ont annoncé samedi l'arrestation de deux hommes dans une zone frontalière ouest de Jendouba, au nord de Kasserine, en possession d'armes et de quantités non précisées d'explosifs et de stupéfiants.
Le président tunisien Moncef Marzouki avait d'ailleurs dénoncé dans un entretien publié vendredi le trafic d'armes croissant en Afrique du Nord.
"Des quantités d'armes ayant appartenu au régime libyen sous Kadhafi sont passées aux mains des islamistes non seulement en Libye, mais aussi en Algérie et en Tunisie", avait-il souligné.
La Tunisie peine à se stabiliser depuis deux ans et est régulièrement le théâtre d'affrontements violents, tantôt impliquant la mouvance salafiste, tantôt des manifestants excédés par la misère et les espoirs déçus de la révolution.
Sévèrement réprimée par le régime de Zine El Abidine Ben Ali, le président tunisien déchu par la révolution, la mouvance islamiste salafiste a multiplié les coups d'éclats ces derniers mois.
Le gouvernement tunisien, dirigé par les islamistes d'Ennahda, accuse ainsi les salafistes d'avoir orchestré l'attaque de l'ambassade américaine par des manifestants le 14 septembre dernier (quatre morts parmi les assaillants).
Des heurts entre militants de cette mouvance et forces de l'ordre ont aussi lieu sporadiquement.Deux salafistes présumés ont été tués le 31 octobre dans l'attaque de deux postes de la garde nationale en banlieue de Tunis.
Sur le front social, cinq jours d'affrontements entre manifestants et policiers ont fait quelque 300 blessés fin novembre à Siliana (sud-ouest de Tunis).
Par ailleurs, le principal syndicat du pays, l'UGTT, a appelé à une grève nationale jeudi pour dénoncer l'attaque la semaine dernière d'une manifestation devant son siège par des "milices" proches des islamistes d'Ennahda.
La Tunisie, qui fêtera le 17 décembre les deux ans du début de sa révolution, vit sous le régime de l'état d'urgence depuis la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011.
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