De violents combats ont opposé des hommes armés aux forces centrafricaines lundi à Ndélé, grande ville du nord de la Centrafrique, poussant de nombreux habitants à fuir cette bourgade située près de la frontière tchadienne, a appris l'AFP de source militaire.
"Des hommes armés sont entrés dans la ville en tirant à l'arme automatique.Puis de fortes détonations ont commencé à se faire entendre, provoquant la débandade parmi les habitants qui ont fui en direction des villes voisines, ou encore de la brousse", selon cette source.
Ndélé, qui compte entre 15.000 et 20.000 habitants, avait déjà été le théâtre d'affrontements violents entre différentes rébellions et l'armée entre 2007 et 2010.
"Après plus d'une heure de combats entre les assaillants et les éléments des forces armées centrafricaines (FACA) une partie du centre de Ndélé a été occupée par ces hommes armés", selon la source militaire.
Les FACA, selon cette source, étaient soutenues par les hommes de l'ex-rébellion de la Convention des patriotes pour le justice et la paix (CPJP) qui occupent la ville en bonne intelligence avec l'armée depuis les accords de paix signés en 2011.
"En début d'après-midi, il était bien difficile de savoir ce qui se passait exactement à Ndélé vidée d'une bonne partie de ces habitants", a ajouté cette source militaire.
Aucune déclaration officielle n'a encore été faite sur cette attaque par les autorités de Bangui.Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.
Les militaires soupçonnent une faction rebelle, des hommes de Michel Djotodia, un ex-membre fondateur de l'ex-rébellion de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), d'être à l'origine de l'attaque.L'UFDR avait signé des accords de paix avec Bangui en 2007 et intégré le Dialogue politique inclusif (DPI) de 2008 qui regroupait pouvoir, opposition, rebelles et société civile.
Michel Djotodia et Abakar Sabone, tous deux membres fondateurs de l'UFDR s'étaient exilés en 2007 au Bénin où ils avaient été arrêtés par les autorités et détenus plusieurs mois avant d'être libérés à la faveur du DPI de décembre 2008.
Abakar Sabone, qui avait par la suite créé le Mouvement des libérateurs Centrafricains pour la justice (MLCJ), avait regagné Bangui en vue de participer à ce dialogue, mais Michel Djotodia était resté en exil.Ces derniers temps, des rumeurs persistantes font état de son retour au pays.
En avril 2010, au moins 11 personnes avaient été tuées lors d'un accrochage entre la CPJP, qui n'avait encore signé d'accord de paix, et l'armée.En 2009, la CPJP avait attaqué et occupé pendant quelques heures Ndélé, les combats faisant une une quinzaine de morts.
L'attaque de lundi par des hommes armés survient alors que l'armée centrafricaine est confrontée depuis septembre au nord de Bangui, à une série d'attaques attribuées à une faction rebelle de la CPJP n'ayant pas non plus signé les accords de paix.
Longtemps minée par de multiples rébellions, la Centrafrifrique avait connu un calme relatif entre 2008 et surtout depuis 2011, date de la signature de la dernière grande rébellion active.
Depuis 2011, les attaques étaient surtout l'oeuvre de rébellions étrangères, notamment du Front populaire pour le rassemblement (FPR), du rebelle tchadien Abdel Kader Baba Laddé qui a quitté le pays en octobre et surtout de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony dans l'est du pays.
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