Somalie: l'UA et ses alliés veulent se donner plus de moyens face aux shebab

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KAMPALA (AFP)

Plus de soldats, des hélicoptères mais aussi des services publics pour la population: l'Union africaine et ses partenaires internationaux veulent renforcer leurs moyens en Somalie pour contrer les islamistes shebab.

Le sommet de l'Union africaine devrait achever ses travaux mardi en entérinant l'envoi de 2.000 soldats en renfort des 6.000 chargés de repousser les assauts des insurgés islamistes radicaux à Mogadiscio.

Ces renforts seront fournis pour l'essentiel par l'Ouganda, éventuellement par d'autres pays membres de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad, Afrique de l'Est), ainsi que par la Guinée qui a promis un bataillon.

Mais au-delà de ces renforts, dont l'arrivée est "une question de petites semaines", l'UA veut rendre "plus robuste" sa force déployée depuis mars 2007 en Somalie, l'Amisom, a indiqué à la presse Ramtane Lamamra, commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité.

L'UA a demandé à ses partenaires internationaux la mise à disposition de cinq hélicoptères et M. Lamamra s'est dit "raisonnablement optimiste" à ce sujet, à l'issue d'une réunion entre représentants des pays africains concernés par la crise somalienne et des principaux pays donateurs.

L'Afrique du Sud a été sollicitée pour apporter un soutien naval afin d'empêcher la fourniture d'armes et de matériel aux shebab via Kismayo, le principal port du sud de la Somalie aujourd'hui aux mains des shebab, selon une source à l'UA.

L'UA a quant à elle déjà modifié les règles d'engagement de ses troupes, autorisées actuellement à n'ouvrir le feu que pour se défendre ou pour protéger les institutions du très fragile gouvernement transitoire du président Cheikh Sharif Ahmed à Mogadiscio.

"Le commandement (de l'Amisom) a décrit ce qu'il lui fallait comme instructions opérationnelles, il les a. Il reste à disposer des moyens", a indiqué M. Lamamra.

La modification des règles d'engagement, du seul ressort de l'UA, pourrait permettre de faire l'économie d'une modification du mandat accordé par l'ONU et qui nécessite a priori un passage plus périlleux devant le Conseil de sécurité, selon certains experts du dossier.

Les pays africains espèrent doter ainsi leur force en Somalie de la puissance nécessaire pour repousser de Mogadiscio, voire ensuite du reste de la Somalie, les islamistes qui contrôlent aujourd'hui la plus grande partie du centre et du sud du pays.

Les shebab ont démontré leur capacité à agir hors du territoire somalien en perpétrant le 11 juillet un double attentat qui a fait 76 morts à Kampala.

L'expert Ernst Jan Hogendoorn, responsable de la Corne de l'Afrique pour le centre de prévention des conflits International Crisis Group, estime que si les soldats de l'Amisom utilisent leurs nouveaux moyens de façon indiscriminée, "ils risquent de faire le jeu des shebab" en faisant de nombreuses victimes civiles, ce que la population de Mogadiscio leur reproche déjà avec virulence.

Pour gagner précisément le coeur de la population et tenter d'isoler les shebab, les Etats-Unis et la Norvège ont indiqué lundi qu'ils allaient apporter une "aide financière directe" au gouvernement somalien pour qu'il soit "plus performant" dans son action civile au quotidien, selon M. Lamamra.Il faut "que la population puisse sentir qu'il y a une lueur au bout du tunnel", selon lui.

A ces décisions publiques devrait s'ajouter un avertissement adressé discrètement mais fermement à ce même gouvernement: qu'il apporte désormais rapidement la preuve de sa capacité à contrer les islamistes et de sa crédibilité à diriger le pays, précisait à l'AFP juste avant le sommet un diplomate proche du dossier.

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