La ville sud-soudanaise de Wau (nord-ouest) a été le théâtre mercredi durant plusieurs heures d'affrontements entre groupes ethniques, forçant de nombreux habitants à se réfugier auprès de la force de maintien de la paix de l'ONU, selon des témoins.
Le calme était revenu mercredi en fin d'après-midi.
Mais un peu plus tôt, plusieurs habitants parlaient de coups de feu, de maisons en flammes et de mouvements de panique.
"Il y a tellement de coups de feu et tellement de maisons incendiées, je vois tellement de bâtiments pris par les flammes", avait notamment déclaré Bible Manding, un membre de la société civile présent à Wau, capitale de l'Etat sud-soudanais de Bahr el Ghazal occidental.
"Je me cache (...) ça a tourné à (un affrontement) tribal", avait-il poursuivi, précisant que des membres de la communauté Dinka se battaient contre des représentants d'autres ethnies.
"Toutes les personnes qui se trouvent dans la zone sont dehors, en train de courir", avait renchéri une autre responsable de la société civile, Natalina Andrea Mabo.
Wau avait déjà été le théâtre de violentes manifestations début décembre.Neuf manifestants avaient alors été tués par les forces de l'ordre sud-soudanaises.Depuis, les corps de six personnes, membres de la communauté Dinka, ont été retrouvés cette semaine dans la nature, à proximité de la ville.
Selon Kouider Zerrouk, porte-parole de la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), "plus de cent civils, principalement des femmes et des enfants, ont été autorisés à l'intérieur du camp de la Minuss" mercredi quand les violences ont éclaté.Des Casques bleus ont été déployés pour patrouiller dans la ville.
"J'ai quitté le complexe de l'ONU maintenant", a déclaré plus tard dans l'après-midi l'une des personnes qui y avait trouvé refuge, Osborne Buhere, un homme d'affaires, précisant que des membres de l'armée sud-soudanaise (SPLA) patrouillaient désormais eux aussi en ville.
"Je n'ai plus entendu de coups de feu depuis une heure," a-t-il ajouté."La plupart des maisons où l'affrontement a débuté ont été brûlées (...) Je ne peux pas dire combien, mais beaucoup."
Les premières manifestations avaient éclaté en décembre après l'annonce par les autorités locales que le siège de l'Etat régional du Bahr el Ghazal occidental serait transféré de Wau à Bagare, une petite ville voisine.
Des membres de la société civile accusent cependant des responsables du gouvernement local d'alimenter les tensions ethniques entre groupes rivaux.
Le jeune Soudan du Sud, qui a acquis son indépendance du Soudan en juillet 2011, est infesté d'armes à feu, issues de décennies de conflit civil entre une rébellion sudiste aujourd'hui au pouvoir à Juba et les autorités de Khartoum au Nord.Les forces de sécurité sud-soudanaises sont aussi composées d'ex-rebelles.
La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans le pays.Le Soudan du Sud, dont les relations restent très tendues avec le Soudan, est régulièrement frappé par des affrontements entre groupes ethniques.
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