Le gouvernement centrafricain exige que la rébellion quitte les villes aurifère et diamantifère sous son contrôle avant de négocier un cessez-le-feu, alimentant les craintes des populations locales de devenir les victimes collatérales d'une contre-offensive du pouvoir.
"Le gouvernement (...) reste disponible pour le dialogue à Libreville (prôné par les chefs d'Etat d'Afrique centrale vendredi, ndlr) dès que le retrait des rebelles des localités occupées sera effectif", a déclaré lundi le ministre de l'Administration du Territoire, Josué Binoua, dans un communiqué.
Dans le même temps, le Séléka a déclaré "l'arrêt de ses opérations sur toutes ses positions en vue de permettre aux ONG humanitaires de porter secours aux personnes déplacées (...) et demande au régime de François Bozizé d'observer un cessez-le-feu en vue de favoriser la préparation du dialogue (...) prévu à Libreville".
Le pouvoir à Bangui ne semble toutefois pas prêt à discuter ce cessez-le-feu tant que ses exigences ne seront pas remplies, alimentant les craintes de contre-offensive sur les villes conquises par la rébellion du Séléka, et notamment sur les plus importantes: Bria, ville diamantifère du centre, et Bambari au centre sud, conquise dimanche.
Entre les deux villes, plusieurs localités dont la zone aurifère de Ndassima, située à environ 18 km de Bambari, sont toujours aux mains du Séléka.
"Entre deux feux"
"Quelque part on a peur, parce que les forces armées centrafricaines peuvent lancer une contre-offensive, et dans ce cas nous serons entre deux feux et nous risquerons gros", avoue Prosper Ngouvota, tenancier d'une buvette à Bambari joint par l'AFP lundi.
Peu formée, démotivée et mal équipée, l'armée régulière centrafricaine a cependant démontré ses faibles capacités de réponse face à la rébellion.
Et l'armée tchadienne qui a envoyé des hommes en Centrafrique en milieu de semaine comme "force d'interposition" et non d'attaque, ne semble pas disposée pour le moment à participer à une éventuelle contre-offensive.
Toutefois, "le chef des opérations militaires centrafricaines, le colonel Thierry Lengbé qui se trouvait à Sibut (point stratégique à 130 km de Bangui ndlr) a été appelé dimanche par le président François Bozizé en vue de dotation en armements", a-t-on appris lundi de source militaire à Bangui, sans plus de précisions.
Le Séléka, favorable a des négociations, et qui avait pourtant promis le "gel des opérations pour permettre le dialogue" avant de reprendre les hostilités samedi, a affirmé que ses actions étaient une réponse aux "provocations" de l'armée régulière, refusant de quitter les villes prises précédemment.
"Les rebelles, au lieu de se retirer, se sont emparés d'autres villes en violation flagrante de la décision des chefs d'Etat à N'Djamena, 24 heures seulement après le sommet (des chefs d'Etats d'Afrique centrale ndlr)", a protesté José Binoua.
Il est difficile de connaître le nombre et la puissance de feu de la rébellion, qui a réussi à mettre en déroute les Forces armées centrafricaines (FACA) dont Bambari était considérée comme une des places fortes de l'armée.
Cependant, selon un enseignant de la ville, Eudes Azouaka, "le nombre de rebelles (à Bambari) se situe entre 300 et 400 hommes.Ils sont armés de lance-roquettes, de mortiers, de véhicules armés de mitrailleuses lourdes et de Kalachnikov".
"Ils sont là, ils circulent dans la ville dans des véhicules ou sur des motos.Quand ils passent, les habitants se regroupent au bord de la route pour les regarder", raconte Ernest Banda, un artisan joint par l'AFP.
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