Tunisie: marche pour la libération du patron d'une TV en grève de la faim

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TUNIS (AFP) - (AFP)

 Des artistes ont manifesté jeudi à Tunis pour exiger la libération du patron de la chaîne privée Ettounsiya TV, Sami Fehri, en grève de la faim depuis le 18 décembre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Respectez le droit", "Libérez l'homme" ou "le gouvernement doit appliquer la loi", pouvait-on lire sur des pancartes portées par les manifestants dans une "marche silencieuse" d'acteurs, chanteurs et artistes.

Rassemblés devant le théâtre municipal dans le centre de Tunis une centaine d'artistes ont défilé en silence, avant de prendre le chemin du palais présidentiel de Carthage (au nord de Tunis) pour demander une intervention du président Moncef Marzouki.

"Je suis ici pour défendre l'Etat de droit, je ne dis pas que Sami Fehri ne doit pas rendre compte mais pour exiger sa libération ordonnée par la justice", a déclaré à l'AFP l'actrice Naïma Jeni, évoquant l'arrêt de la Cour de cassation qui a ordonné fin novembre la libération du patron d'Ettounsiya.

Le parquet a empêché à deux reprises sa remise en liberté, mettant en question la compétence de la Cour de cassation.

Salma, la soeur de Sami Fehri a exigé le transfert du prisonnier dans un milieu hospitalier et son avocat Abdelaziz Essid a dit craindre pour la vie de son client qui a cessé de s'alimenter et de boire.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a demandé lundi dans un communiqué la "remise en liberté immédiate" de Sami Fehri, également réclamée par la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.

M. Fehri a été incarcéré fin août dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.Il a été inculpé de complicité de détournement de fonds publics et risque 10 ans de prison.

L'intéréssé et ses défenseurs évoquent "un acharnement judiciaire" contre le patron d'Ettounsiya, en représailles à une émission satirique politique diffusée par sa chaîne l'été dernier et suspendue, selon lui, sous la pression de responsables du parti islamiste Ennahda au pouvoir.

Les autorités affirment vouloir "assainir" le secteur des complices du régime déchu, à l'instar de M. Fehri, un associé de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali, un homme d'affaires en fuite au Canada.

L'affaire a été renvoyée devant la chambre d'accusation pour le 3 janvier.

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