Les rebelles ont renforcé leurs emprise samedi sur le territoire centrafricain, obligeant les forces régulières et leurs alliés à se replier à Damara, dernier verrou stratégique sur la route de la capitale Bangui.
Le chef de l'Etat béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l'Union Africaine (UA) , va rencontrer dimanche à Bangui le président centrafricain François Bozizé pour encourager une sortie de crise par le dialogue, a déclaré samedi le ministre béninois des Affaires étrangères.
"Le président se déplace pour faire de la prévention, il va inviter les différentes parties à la négociation", a déclaré Nassirou Arifari Bako, le chef de la diplomatie béninois à l'AFP.
La rébellion du Séléka, qui combat le président François Bozizé au pouvoir depuis 2003, a pris sans combat la ville de Sibut, à 160 km au nord de la capitale, trois semaines après le début de leur offensive, a-t-on appris de sources militaire centrafricaine et rebelle.
"Les rebelles sont entrés dans Sibut.Il n'y a pas eu de combats, les Forces armées centrafricaines (FACA) stationnées là ainsi que les troupes tchadiennes ayant quitté la ville hier soir (vendredi) pour se positionner à Damara", dernier verrou à 75 km au nord de Bangui, a déclaré à l'AFP le responsable militaire.
"Nous continuons à progresser et nous avons récupéré Sibut", a confirmé l'un des responsables du Séléka, Djouma Narkoyo, joint par téléphone satellitaire à Bambari (centre).
Selon des habitants arrivés à Bangui depuis Sibut, une soixantaine de véhicules des troupes tchadiennes et centrafricaines ont été aperçus dans la soirée de vendredi en train de converger vers Damara.
La concentration des forces armées tchadiennes et centrafricaines sur Damara est désormais le dernier recours à une progression de la rébellion jusqu'aux portes de Bangui.
Les rebelles sont également parvenus à repousser une contre-offensive des forces régulières sur leur ancienne place forte de Bambari, à 300 km au nord-est de Bangui, conquise dimanche dernier par le Séléka.
"Je suis encore à Bambari à l'heure actuelle.Nous tenons la ville.On a été attaqués par les FACA hier, mais on les a repoussées.Les combats ont duré environ deux heures", a affirmé Djouma Narkoy.
L'échec de la contre-offensive a été confirmée de source militaire centrafricaine.
Parallèlement, la France a porté vendredi sa présence militaire à 400 hommes avec l'envoi de 150 parachutistes à l'aéroport de Bangui et la communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEEAC) a annoncé des renforts.
L'évolution de la situation sur le terrain éloigne l'espoir d'une solution négociée rapide en Centrafrique, que les pays de la région comme Paris, ex-puissance coloniale, ont appelée de leurs voeux.
La CEEAC qui sert de médiateur avait assuré vendredi soir que le gouvernement du président Bozizé comme les rebelles avaient accepté que des négociations s'ouvrent prochainement et sans conditions à Libreville au Gabon.
Mais samedi, le chargé de communication de la CEEAC Placide Ibouanga a précisé à l'AFP que "les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC se rencontreront à nouveau le 3 janvier, et c'est à ce moment là qu'ils donneront une date pour la rencontre à Libreville".
L'incertitude demeurait aussi sur l'envoi, décidé vendredi au niveau des ministres des Affaires étrangères, de renforts à la FOMAC, la force des pays d'Afrique centrale qui compte actuellement 560 hommes.
"La date d'arrivée d'un nouveau contingent dépend des chefs d'Etat.(...) Il appartient maintenant aux présidents de décider la mise à disposition d'éléments", a déclaré M. Ibouanga.
Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault avait répété vendredi que les militaires français avaient uniquement pour mission de protéger les ressortissants français et européens.
Quelque 1.200 Français vivent en Centrafrique, parmi lesquels un tiers de binationaux, selon le ministère de la Défense.
Mercredi à Bangui, plusieurs centaines de manifestants, proches du pouvoir, s'en étaient pris aux locaux diplomatiques français, reprochant à Paris son inaction contre l'avancée des rebelles.
A Bangui, la situation restait calme, même si l'augmentation des prix des denrées alimentaires traduisait l'inquiétude des habitants.
Le Séléka, composé de factions rebelles dissidentes, a repris les armes le 10 décembre pour réclamer le "respect" d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir.
Après une progression fulgurante, le Séléka, qui n'a rencontré que peu de résistance, s'est dit prêt au dialogue, mais refuse d'évacuer les villes prises.
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