Bousculade mortelle d'Abidjan: le gouvernement promet une enquête rapide

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ABIDJAN (AFP) - (AFP)

Le gouvernement ivoirien a promis mercredi que l'enquête sur la bousculade qui a fait 63 morts à Abidjan durant la nuit du Nouvel An serait bouclée avant la fin de la semaine, alors que le drame a provoqué un choc et une polémique sur le dispositif de sécurité.

Selon le dernier bilan officiel, 63 personnes, dont de nombreux jeunes, ont été tuées et 48 blessées lors de la bousculade survenue quand une foule immense de spectateurs quittait le quartier administratif du Plateau (centre) après avoir assisté aux feux d'artifice de la Saint-Sylvestre.

Au premier jour d'un deuil national de trois jours décrété par le président Alassane Ouattara, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a réuni mercredi la "cellule de crise" mise en place après l'accident.

L'enquête, y compris les autopsies, "va se faire dans les 72 heures" et ses conclusions seront communiquées aussitôt, a-t-il déclaré à la sortie.

Cette enquête doit permettre de "tirer les leçons", a-t-il souligné sur Radio France Internationale (RFI).Il a jugé qu'il n'y avait "pas du tout" eu de manquement à la sécurité lors des festivités du Nouvel An, qui ont drainé "entre deux et trois millions de personnes" dans les rues de la capitale économique.

Les familles des victimes et les blessés seront pris en charge, selon les autorités.

Des familles ont continué mercredi à se rendre à la morgue d'Abidjan en quête d'un parent disparu, tandis que les pouvoirs publics poursuivaient l'identification des victimes.

Sur les lieux de l'accident, des gerbes de fleurs ont été déposées au pied d'un arbre en mémoire des morts.Une affichette fixée sur le tronc était dédiée "à nos victimes" et une autre disait "rest in peace" (reposez en paix).

L'origine du drame restait incertaine.Selon la police, la bousculade a été produite par la rencontre de deux flots de spectateurs se dirigeant en sens contraire après les feux d'artifice.

Certains témoins ont fait état de la présence de perturbateurs dans la foule, et d'autres ont évoqué la chute de victimes dans une fosse creusée sur le site d'un chantier voisin.

Le gouvernement a par ailleurs reconnu la présence de troncs d'arbres par terre et un éclairage insuffisant sur le site.

De son côté, la presse ivoirienne a pointé les responsabilités des autorités et des parents des jeunes victimes.

Des "mesures particulières" de sécurité auraient dû être prises, a écrit le quotidien indépendant Soir-Info, insistant aussi sur la lenteur des secours.

Soulignant qu'au moins "16 fillettes" figurent parmi les morts, le quotidien d'Etat Fraternité-Matin a dénoncé l'"irresponsabilité fatale" des parents qui ont laissé leurs enfants sortir.

Alors que L'Intelligent d'Abidjan (indépendant) a souhaité "une enquête impartiale", la presse d'opposition, proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, a réclamé des sanctions.

"Dans un pays normal" le ministre de l'Intérieur "devrait rendre sa démission et les principaux organisateurs (être) poursuivis.Mais ce ne sera pas le cas.Dommage !", a commenté Notre Voie."Des têtes doivent tomber", a approuvé Le Temps, autre journal pro-Gbagbo.

Le chef de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), Bert Koenders, a regretté cet "incident tragique" qui endeuille le pays au commencement de 2013, une année "porteuse de grands espoirs de consolidation de la paix, de réconciliation, d'apaisement politique, de relance économique et de mieux-être pour tous".

La Côte d'Ivoire tente de tourner la page de la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait environ 3.000 morts.

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