Des pourparlers de paix entre la rébellion centrafricaine et le pouvoir étaient envisagés vendredi à Libreville, même si des représentants des rebelles affirmaient ne pas avoir été invités et exigeaient de nouveau le départ du président Bozizé.
Ces pourparlers sont envisagés alors que les rebelles sont positionnés à seulement 160 km de la capitale, Bangui, protégée par un verrou de la Force multinationale d'Afrique centrale composée en grande partie d'unités tchadiennes rompues au combat.
Les rencontres pourraient se tenir le 8 janvier dans la capitale gabonaise.Pour le moment, cette date avancée est "une référence de travail" et reste "indicative", ont indiqué des sources concordantes au sein de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) comme de la présidence centrafricaine.
"Le secrétaire adjoint de la CEEAC (le général Guy-Pierre Garcia) a un contact ferme avec les rebelles.Leur chef Michel Djotodia a pris la décision.Ils partiront le 6 pour Libreville.Ils sont au nombre de dix", a indiqué à l'AFP une source de la CEEAC.
Cette même source a assuré que le président de l'alliance rebelle Séléka, Michel Ddotodia, son porte-parole, Eric Massi, ainsi que le colonel Djouma Narkoyo et sept autres personnes étaient attendus à Libreville.
Mais le porte-parole de la rébellion, Eric Massi, basé à Paris, s'est étonné de ces informations, assurant ne pas avoir été contacté."Je ne suis pas au courant.Je l'apprends par l'AFP, c'est incroyable", a-t-il dit.
"J'attends toujours le coup de téléphone de (Guy-Pierre) Garcia.J'ai eu Michel (Djotodia) ce matin même au téléphone.Il ne m'a pas parlé de ça", a-t-il affirmé, ajoutant: "Il m'a dit recevoir des pressions de la communauté internationale" mais "je ne vois pas ce que l'on va aller négocier à Libreville si ce n'est le départ de (François) Bozizé", le président centrafricain au pouvoir depuis 2003.
Le capitaine Abacar Sabone, chef du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la Justice (MLCJ) a, de son côté, déclaré à l'AFP que des membres de quatre ex-rébellions étaient prêts à se rendre à Libreville.Certains ont des éléments dissidents - voire la plus grande partie de leurs troupes - au sein de la coordination Séléka qui avait lancé l'offensive le 10 décembre.
Rassemblement hétéroclite de différentes factions rebelles, la Séléka affirme avoir repris les armes pour réclamer "le respect" d'accords de paix conclus entre 2007 et 2011, qui prévoyaient notamment un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion et sont restés lettre morte depuis.
De son côté, la présidence centrafricaine a réitéré sa volonté d'aller à la table de négociations "sans conditions".
Toutefois, "il est hors de question de négocier le départ du président", a souligné le secrétaire général de la présidence, Stanislas Mbamgot."Les accord de N'Djamena du 21 décembre ont fixé le cadre des négociations.Il s'agit de discuter d'autres sujets.Le président a un mandat qui court jusqu'en 2016 et il a précisé aux diplomates que ce qu'il le préoccupait, c'est de mener le reste de son mandat à son terme", a-t-il dit à l'AFP.
M. Bozizé, au pouvoir depuis le coup d'�?tat de 2003, avait fait des concessions la semaine dernière, proposant notamment un gouvernement d'union nationale.
Des enfants recrutés par les groupes armés
Vendredi, le gouvernement centrafricain s'est penché sur la liste des personnes qui iraient à Libreville, notamment des membres de l'opposition, des rebelles ayant signé les accords de paix et des représentants de la société civile, selon une source au ministère de l'Administration territoriale.
Le principal opposant, Martin Ziguélé, a confirmé: "Nous irons aux négociations.Sur le principe, je suis d'accord mais je n'ai encore reçu aucune information sur la date de celles-ci".
A Genève, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a appelé "à la cessation immédiate du recrutement d'enfants par tous les groupes armés" en Centrafrique.Un nombre croissant d'enfants sont recrutés par les rebelles mais aussi par les milices pro-gouvernementales, a déclaré une porte-parole de l'Unicef, Marixie Mercado.
Environ 2.500 enfants - filles et garçons - se retrouvaient déjà dans des groupes armés avant même que le début du conflit en décembre, selon l'Unicef, assurant que cette pratique a pris de l'ampleur depuis.
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