Le président ghanéen John Dramani Mahama a prêté serment lundi en présence de chefs d'Etat africains et d'une foule de milliers de personnes, mais en l'absence de l'opposition, qui conteste le résultat de l'élection du mois dernier.
M. Mahama, arrivé au pouvoir en juillet suite à la mort de son prédécesseur John Atta Mills, a promis de continuer à faire prospérer le Ghana, en plein boom économique, dans un discours prononcé après sa prestation de serment.
"En tant que pays, (...) nous sommes les héritiers d'une grande histoire", a déclaré M. Mahama, vêtu d'une ample tunique blanche, tenue traditionnelle du nord du pays, sa région d'origine."Mais il nous reste encore une immense charge de travail (...), des ponts, des écoles et des hôpitaux à construire (...), il nous faut continuer à investir dans notre secteur agricole et à faire croître l'économie", a poursuivi le chef de l'Etat, âgé de 54 ans.
La cérémonie s'est déroulée un mois après le scrutin remporté par M. Mahama avec 50,7% des voix, contre 47,7% pour le principal candidat d'opposition, Nana Akufo-Addo.Elle a eu lieu sur la place de l'Indépendance, à Accra, célèbre pour sa grande étoile noire plantée au sommet d'une arche décorée pour l'occasion de rouge, de vert et d'or, les couleurs du drapeau ghanéen,
Les observateurs locaux et internationaux se sont accordés à qualifier le vote de "paisible" et de "transparent" dans un pays considéré comme une démocratie exemplaire au coeur d'une région, l'Afrique de l'Ouest, souvent secouée par des troubles politiques.
Mais M. Akufo-Addo a déposé une plainte devant la Cour Suprême, qui devrait se prononcer prochainement,en dénonçant des irrégularités et réclamant d'être proclamé vainqueur.
Le NPP (Nouveau parti patriotique, opposition) de M. Akufo-Addo, qui a boycotté la cérémonie, avait demandé à l'ancien président John Kufuor, membre du parti, de ne pas y assister.
Un petit groupe de militants de l'opposition se serait même rendu à son domicile, lundi matin, pour tenter de l'empêcher de se rendre à la cérémonie.
Mais M. Kufuor, très respecté pour avoir cédé le pouvoir au terme de ses deux mandats malgré une défaite très serrée de son parti en 2008, a ignoré ces appels pour assister à l'investiture de M. Mahama.
Certes "nous sommes heureux d'apprendre que la cérémonie s'est déroulée dans le calme", a déclaré à l'AFP Nana Akomea, le directeur de la communication du NPP, après la cérémonie.Mais "si la Cour Suprême décide que les résultats (de l'élection) sont invalidés, tout ce qui est arrivé aujourd'hui devra être invalidé également".
Environ douze chefs d'Etat africains étaient présents lundi dans la capitale ghanéenne pour la cérémonie d'investiture, dont le nigérian Goodluck Jonathan, le sud-africain Jacob Zuma, la libériane Ellen Johnson Sirleaf, ainsi que des délégations des Etats-Unis et de l'Union européenne.
L'ex-président ghanéen Jerry Rawlings, qui avait pris le pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire avant de mener le Ghana au multipartisme, en 1992, a également pris part aux festivités.
M. Mahama, auteur d'une autobiographie parue récemment, intitulée "Mon premier coup d'Etat", est aussi un écrivain et un grand adepte de musique Afrobeat.Avant d'être choisi par M. Mills comme vice-président, M. Mahama avait été député et il avait siégé au parlement panafricain.
L'un des grands enjeux du mandat à venir est la façon dont seront dépensés les revenus du pétrole, dont le Ghana est devenu producteur en 2010, ce qui lui a permis d'atteindre une croissance économique de 14,3% en 2011.
Ce pays anglophone de 24 millions d'habitants, deuxième économie d'Afrique de l'Ouest après le Nigeria, grâce notamment à ses exportations d'or et de cacao, manque encore cruellement d'infrastructures de base dans certaines régions.Il produit désormais du pétrole.
"La question cruciale (...) est de savoir comment va être gérée l'économie", estime le professeur Isaac Owusu-Mensah, de l'Université du Ghana.Si les revenus du pétrole "ne sont pas utilisés à bon escient, cela va poser problème".
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