Des ténors du parti du président soudanais Omar el-Béchir et des ex-rebelles sudistes entament ce week-end une visite au Canada afin d'étudier les référendums d'indépendance du Québec, en préparation au plébiscite sur la sécession du Sud-Soudan, ont indiqué des responsables.
"Il s'agit d'une visite conjointe entre le NCP et le SPLM afin de se préparer au référendum d'indépendance du Sud-Soudan", a dit vendredi à l'AFP Yasser Arman, un des leaders du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).
La délégation du SPLM dirigée par Anne Itto, la secrétaire générale du parti pour le Sud-Soudan, a quitté jeudi soir le Soudan pour le Canada alors que quatre hauts responsables du Parti du congrès national (NCP) du président Omar el-Béchir ont quitté Khartoum vendredi, ont indiqué des responsables.
"Le SPLM et le NCP ont été invités par le gouvernement canadien afin de partager l'expérience du Canada où deux référendums ont eu lieu déjà.Lors de notre visite, nous rencontrerons différentes personnalités", a déclaré à des journalistes Mme Itto.
"J'aurai l'occasion de rencontrer de hauts responsables du gouvernement canadien, des députés et des personnes impliquées dans l'organisation des exercices référendaires au Canada", a-t-elle ajouté.
Le Québec, seule province canadienne majoritairement francophone, a tenu deux référendums sur son indépendance, en 1980 et 1995.Les Québécois avaient voté par une courte majorité (50,6%) en faveur de leur maintien au sein du Canada lors de ce dernier référendum.
Les Sud-Soudanais doivent se prononcer en janvier prochain lors d'un référendum dans lequel ils auront à choisir entre leur indépendance ou leur maintien au sein du Soudan.
Selon la loi référendaire soudanaise, l'indépendance du Sud-Soudan sera reconnue si cette option récolte une majorité absolue (50% + une voix) avec une participation de 60%.
Ce référendum est l'élément clé de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à deux décennies de guerre civile entre le Nord, majoritairement musulman, et le Sud, en grande partie chrétien.Ce conflit à l'origine de deux millions de morts était nourri par des différends politiques, religieux, ethniques et économiques entre les deux régions.
La délégation soudanaise doit se rendre à Ottawa, Montréal et Québec dans le cadre de cette tournée d'une semaine qui vise à préparer les représentants soudanais aux aspects "techniques" liés à l'organisation d'un référendum et à une transition pacifique à l'issue du plébiscite.
L'option sécessionniste devrait triompher lors de ce référendum, estiment plusieurs analystes qui craignent toutefois une flambée de violence avant, pendant et surtout après le scrutin qui pourrait aboutir à la partition du plus grand pays d'Afrique.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.