Les habitants de Zanzibar, archipel tanzanien semi-autonome de l'océan Indien, sont appelés samedi à adopter par référendum un projet visant à institutionnaliser le gouvernement de coalition pour éviter les violences post-électorales récurrentes.
Ce référendum, organisé à trois mois des élections générales du 31 octobre dans l'ensemble de la Tanzanie, résulte d'un accord entre les deux principaux dirigeants de l'archipel, le président Amani Karume pour le Parti révolutionnaire (au pouvoir depuis l'indépendance de la Tanzanie en 1961) et l'opposant Seif Sharif Hamad pour le Front civique uni (CUF).
Si le "oui" devait l'emporter, le parti vainqueur des élections générales obtiendrait le poste de président de l'archipel et celui de deuxième vice-président.Le parti arrivé en seconde position se verrait confier le poste de premier vice-président.Enfin, les ministères seraient répartis entre les deux formations au prorata de leurs scores.
Géographiquement, Zanzibar est composé de trois îles, la principale Unguja, Pemba au nord, et Mafia au sud, mais cette dernière est rattachée administrativement à la partie continentale.
Du fait de son histoire, Zanzibar dispose d'un statut de semi-autonomie au sein de la Tanzanie, avec son propre gouvernement, sa Constitution, son drapeau et son hymne national.
Ancien protectorat britannique, cet archipel a accédé à l'indépendance en 1963, avant d'être rattaché un an plus tard au Tanganyika (aujourd'hui la partie continentale de la Tanzanie) pour former la République unie de Tanzanie.
Les trois élections générales (1995, 2000, 2005) organisées depuis la réintroduction du multipartisme en Tanzanie en 1992 ont été marquées à Zanzibar par des violences post-électorales parfois meurtrières et le rejet par l'opposition des victoires successives du parti au pouvoir.
En janvier 2001, au moins 30 personnes avaient ainsi été tuées lors d'affrontements entre la police et les partisans du CUF, notamment sur l'île de Pemba, bastion de l'opposition.Des dizaines d'habitants de Pemba avaient alors fui au Kenya voisin.
Quelque 400.000 électeurs, sur une population d'environ 1,2 million d'habitants, sont enregistrés pour ce premier référendum de l'histoire de cet archipel prisé des touristes pour ses plages paradisiaques et sa culture swahilie encore très vivace.
"Votez +oui+ au référendum, afin que nous restions unis.Nous devons travailler ensemble et en finir avec la haine attisée par des conflits politiques futiles à chaque élection générale", a récemment lancé le président Karume lors d'un rassemblement dans la capitale, la ville de Zanzibar.
"Les Zanzibarites ne doivent pas permettre le retour des divisions.Nous devons construire notre pays qui a été ruiné par ces disputes sans fin", a déclaré à l'AFP M. Hamad.
En cas de victoire du "oui", la Constitution serait amendée pour y inclure le "gouvernement d'union nationale", très vraisemblablement avant les élections d'octobre.
De son côté, la Commission électorale de Zanzibar (ZEC) s'est déclarée prête.
"Nous avons tout le matériel électoral nécessaire prêt: les urnes, les bulletins imprimés en Afrique du sud.Nous sommes certains que le scrutin se déroulera en douceur", a expliqué le président de la ZEC, Salum Ali.
Devant le soutien du président Karume et du chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete au "oui", les opposants au projet se sont montrés discrets et la campagne du "non" s'est résumée en grande partie à la distribution de tracts.
Les résultats du référendum sont attendus le lundi 2 août.
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