Cinq personnes, dont une femme disant avoir été violée par des membres des forces de sécurité somaliennes et un journaliste auquel elle s'est confiée, ont été inculpés à Mogadiscio, notamment de fausses accusations, a indiqué l'ONU vendredi, une procédure "politique" selon des ONG.
L'ONU s'est dite "inquiète du déroulement de l'instruction, notamment de la détention prolongée (des inculpés) et de l'absence d'accès - auquel il a été remédié - à un avocat, qui pourrait peser de façon négative sur la conduite du procès".
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a précisé que le journaliste Abdiaziz Abdinuur avait été inculpé d'"insulte à une institution gouvernementale" et d'"incitation à faux témoignage", deux chefs passibles de six ans de prison au total.
La femme, inculpée d'"insulte à une institution gouvernementale", de simulation de crime et de fausses accusations, risque jusqu'à neuf ans d'emprisonnement au total, selon HRW.
Son époux ainsi qu'un homme et une femme l'ayant présentée au journaliste sont tous trois inculpés de l'avoir aidée à se soustraire à une enquête et d'avoir tenté de tirer profit de l'accusation de viol, des faits pouvant les envoyer jusqu'à neuf ans en prison, précise l'ONG dans un communiqué.
Les cinq inculpés sont tous en détention.
"L'+enquête+ de police dans cette affaire est une tentative politique d'incriminer et de réduire au silence ceux qui dénoncent le problème généralisé des violences sexuelles par les forces de sécurité somaliennes", estime HRW.
Abdiaziz Abdinuur, qui travaille pour plusieurs radios somaliennes, a été arrêté le 10 janvier à Mogadiscio et maintenu depuis en détention.Il avait interviewé la victime présumée mais n'a jamais diffusé cette interview.
La Somalie est ravagée depuis plus de 20 ans par la guerre civile et livrée aux milices claniques, groupes islamistes et gangs criminels.
L'élection en septembre du président Hassan Cheikh Mohamoud, après une décennie de gouvernements transitoires sans pouvoir ou corrompus, a suscité l'espoir de doter enfin la Somalie d'une réelle autorité centrale dont elle est privée depuis la chute du président Siad Barre en 1991.
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