Les premières estimations provisoires donnaient dimanche soir une large victoire du "oui" au référendum sur l'adoption d'une nouvelle Constitution au Kenya, à l'issue d'une journée de vote dans le calme, marquée par une participation massive.
Plus de 3,3 millions d'électeurs, soit 66,3% des votants, ont dit "oui" au projet de nouvelle Constitution, selon des résultats portant sur environ 5 millions de suffrages comptabilisés vers 23H00 locales (20H00 GMT) par la commission électorale.
Quelque 12,4 millions de Kényans étaient appelés à voter pour ou contre ce texte défendu par le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, destiné à remplacer la Constitution mise en place à l'indépendance en 1963.
Cette réforme de la Loi fondamentale est le fruit de la crise politique majeure et des violences qui ont fait environ 1.500 morts après la réélection controversée du président Kibaki fin 2007.
Elle était prévue par l'accord de partage du pouvoir signé en février 2008 pour mettre un terme à ces violences entre M. Kibaki et son adversaire Raila Odinga, devenu Premier ministre.
Malgré une campagne relativement tendue, marquée par une attaque à la grenade meurtrière (six mort) lors d'un rassemblement en faveur du non le 13 juin à Nairobi, le vote de mercredi s'est déroulé dans le calme, avec un taux de participation de 60 à 70%, selon des membres de la commission électorale.
Dès les premières heures de la matinée, des files d'attente de plusieurs centaines de personnes s'étaient formées devant les bureaux de vote de Nairobi et en province.
Quelque 70.000 membres des forces de sécurité étaient déployés dans le pays, notamment dans la très sensible vallée du Rift (ouest), épicentre des violences politico-ethniques de 2008.
Des ténors du camp du "non" ont contesté dès mercredi soir les premières tendances en faveur du "oui"."Nous n'accepterons pas sans preuve les résultats d'un référendum truqué", a affirmé notamment le secrétaire général du Conseil national des églises (protestantes) du Kenya, Peter Karanja.
Les résultats au niveau national devraient être connus jeudi.
Lors de la présidentielle de 2007, la confusion autour de la publication des résultats et les accusations de tricherie contre la commission électorale de l'époque avaient largement contribué au déclenchement des violences.
La nouvelle Constitution maintient un régime présidentiel mais le tempère d'importants garde-fous, avec la possibilité de destituer le président et un contrôle accru de l'Assemblée nationale sur les nominations décidées par le chef de l'Etat.
Elle crée une chambre haute du Parlement, le Sénat, et amorce une forme de décentralisation, une partie du budget de l'Etat étant dévolue à un nouvel échelon administratif, le comté.
Le nouveau texte inclut surtout une réforme foncière cruciale pour réparer des "injustices historiques", prévoyant à terme un examen approfondi des modalités d'acquisition de terres auparavant publiques et dont certaines ont été accaparées par des membres des plus hautes sphères de l'Etat.
Le projet de Constitution ouvre la voie à une limitation de la taille maximum d'une propriété privée et donne aux femmes des droits égaux sur la terre, notamment lors d'un héritage.
MM.Kibaki et Odinga ont fait campagne commune pour le "oui", dans une rare unanimité qui a relégué au second plan les profondes divisions du gouvernement de coalition et les préparatifs des élections générales de 2012.
Le camp du non était emmené par les Eglises et les chefs de la communauté kalenjin -- l'ancien président Daniel Arap Moï et le ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto --, qui ont dénoncé l'introduction dans le nouveau texte de l'avortement thérapeutique, le maintien de tribunaux islamiques et agité le spectre de la confiscation de terres par l'Etat.
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