Le président kényan Mwai Kibaki a salué jeudi la victoire du "oui" au référendum pour l'adoption d'une nouvelle Constitution assouplissant le régime présidentiel, alors que se poursuivait le dépouillement des votes et que le camp adverse a d'ores et déjà concédé sa défaite.
Défendue par le président Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, la nouvelle Constitution est censée renforcer la démocratie dans les institutions et engager une réforme foncière cruciale.
"Ce voyage, commencé il y a 20 ans, arrive à un dénouement heureux (...)", a déclaré le chef de l'Etat dans un discours devant plusieurs centaines de personnes, retransmis à la télévision.
"Adopter cette nouvelle Constitution sera une victoire pour le Kenya et pour les nombreuses personnes qui se sont battues avec obstination pour ce texte qui reflète nos espoirs et nos aspirations", s'est-il félicité.
"Les Kenyans ont parlé d'une seule voix, ils ont voté pour une nouvelle Constitution", a salué pour sa part le Premier ministre du gouvernement d'Union nationale, Raila Odinga.
La nouvelle Constitution kényane vise à rendre les institutions du pays plus démocratiques, crée une chambre haute du Parlement (Sénat) et renforce les attributions de l'Assemblée nationale pour contrebalancer le pouvoir du président, qui peut faire l'objet d'une procédure de destitution.
Elle prévoit également une réforme foncière cruciale, contestée par les leaders de la communauté kalenjin qui ont agité lors du référendum le spectre de la confiscation de terres par l'Etat.
Les résultats définitifs du référendum, qui s'est déroulé dans le calme mercredi, n'ont toujours pas été officiellement annoncés, et la commission électorale poursuivait en début de soirée son travail de compilation.
Selon les derniers résultats provisoires, portant sur 8,1 millions de bulletins dépouillés, le "oui" obtient un peu plus de 5,6 millions des voix (69%) contre 2,5 millions pour le "non" (31%), sur 12,4 millions d'électeurs enregistrés.
Le leader du camp du "non, le ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto, a concédé la défaite dès la mi-journée: "nous avons accepté le verdict de la majorité (...)", a-t-il déclaré, proposant cependant "un mécanisme de consultation pour déterminer comment les sujets de contentieux dans la Constitution peuvent être amendés".
"La démocratie, c'est accepter le verdict de la majorité tout en accordant une place à la minorité", a déclaré le président Kibaki.
"Ceux qui ont exprimé des opinions différentes sur la nouvelle Constitution continueront d'être entendus dans le cadre des institutions démocratiques mises en place" par la nouvelle Loi fondamentale, a-t-il assuré.
La presse kenyane n'a pas attendu la proclamation des résultats officiels pour saluer l'avènement d'une ère nouvelle.
"Le chaos qui a précédé et accompagné les élections générales successives a été relégué au rang des lointains souvenirs par les files d'attentes ordonnées d'hier", se félicitait le quotidien privé le Standard.
Le bon déroulement du référendum contraste avec les violences meurtrières qui avaient accompagné la réélection controversée du président Kibaki le 27 décembre 2007 face à son adversaire d'alors, M. Odinga.
Ces violences avaient fait 1.500 morts, alimenté les ressentiments ethniques, sapé la confiance des électeurs dans leurs institutions et mis à mal l'image de stabilité du pays.
Sous la surveillance de quelque 70.000 membres des forces de sécurité déployés pour l'occasion dans le pays, le scrutin, malgré une campagne électorale tendue, a cette fois été bien organisé par une commission électorale totalement renouvelée et modernisée.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a salué "un événement historique pour le pays et d'une étape importante dans le programme de réformes" engagées par le gouvernement kényan.
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