Au Rwanda, les partisans du président Kagame scandent "personne d'autre que toi"

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BUMBOGO (Rwanda) (AFP)

"Nous voterons pour toi!", "Personne d'autre que toi!": les slogans, scandés crescendo par plusieurs dizaines de milliers de personnes, précèdent l'entrée sur scène du président-candidat Paul Kagame pour sa dernière apparition de campagne, telle une rock-star.

Devant lui s'étend à perte de vue une marée humaine aux couleurs de son parti -- rouge, blanc et bleu -- imprimées sur des drapeaux, des parapluies, des t-shirts et autres casquettes.

A l'instar des précédents meetings de la campagne présidentielle, les partisans du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, au pouvoir depuis qu'il a mis fin au génocide des Tutsi en 1994, ont revêtu samedi des tuniques cousues à partir d'écharpes du FPR et arboré sur leurs perruques ou à même la peau les couleurs du parti.D'aucuns ont même construit une "Kagamemobile", à partir d'une brouette.

Même les arbres le long de de la route menant au rassemblement en périphérie de Kigali sont parés de rouge, de blanc et de bleu tandis que les affiches de campagne, omniprésentes, montrent un Paul Kagame, 52 ans, plus détendu que sur le portrait officiel.

Rien ne semble empêcher ses partisans d'aller voir le grandissime favori, faute de véritable opposition, de l'élection présidentielle de lundi, : femmes enceintes, vieillards, invalides dans leurs fauteuils roulants poussés par leurs petits-enfants, tous sont venus, en bus, juchés à l'arrière de poids-lourds ou à pied.

L'écran géant installé sur un camion du FPR diffuse en alternance des images de Paul Kagame, casquette de base-ball sur la tête, et de la foule en liesse, les bras en l'air, peu soucieuse désormais des heures d'attente sous un soleil de plomb.

Des chanteurs sur scène viennent galvaniser la foule.Puis un poète déclame un hommage au président.Une militante du parti explique à son tour comment le FPR a changé sa vie, assurant que les femmes ont trouvé leur place dans la politique rwandaise depuis son arrivée au pouvoir.

"J'ai dit à mon mari que j'allais à un meeting de Paul Kagame.Et il m'a dit que je devais y aller et je devais y rester" jusqu'à la fin, assure-t-elle.

De son côté, le président Kagame défend sa politique, censée notamment dépasser les clivages ethniques du pays.

Paul Kagame avait 36 ans en 1994 lorsque sa rébellion du FPR a mis en déroute les forces génocidaires hutu extrémistes, qui venaient de massacrer environ 800.000 personnes.

"La nouvelle politique au Rwanda, ce n'est pas la politique pour les Hutu, les Tutsi ou les Twa mais la politique pour tous les Rwandais", déclare-t-il, en référence aux trois principales ethnies du pays.

"La justice que j'ai mise en place est pour tous les Rwandais, le système éducatif aussi", ajoute-t-il.

Visiblement plus détendu que lors de la précédente élection présidentielle en 2003, le candidat Kagame boucle sa campagne à l'américaine en esquissant quelques pas de danse avec sa femme et ses enfants devant une foule en délire.

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