Cinq personnes, dont quatre policiers, ont été tuées jeudi dans le centre du Mozambique dans des heurts entre ex-rebelles de la Renamo et la police, au lendemain d'une opération policière dans des bureaux de cette formation, ont indiqué les autorités locales.
Vers 03H00 (01H00GMT), des militants de la Renamo ont attaqué un poste de police dans la ville de Muxungue, a déclaré à l'AFP Arnaldo Major, le gouverneur du district de Chibabava (centre).
Le chef des assaillants, dénommé Rasta Mazembe, et quatre officiers de police ont été tués, a précisé M. Major.
"Ils sont venus en armes et en uniforme", a indiqué M. Major, ajoutant que huit officiers de police, une femme policier et un nombre indéterminé de partisans de la Renamo avaient été blessés."La Renamo a emmené ses blessés", a-t-il ajouté.
L'incident a eu lieu quelques heures après une descente de police dans un bureau local de la Renamo, avec utilisation de gaz lacrymogène et l'arrestation de 15 dirigeants.
La Renamo a reconnu avoir mené l'attaque, indiquant qu'il s'agissait d'une riposte à l'incident de la veille.
"La Renamo en a assez des persécussions, des humiliations, de la dictature et de l'esclavage", a déclaré à l'AFP le responsable de la défense et de la sécurité du mouvement Ossufo Momad.
Il a également dénoncé "l'attaque terroriste" de la police d'avoir "causé la mort d'une femme, résultant d'un tir de bazooka qui est tombé sur sa maison".Ses propos n'ont pas pu être confirmés de source indépendante.
La tension entre le Frelimo au pouvoir et son ancien adversaire dans la guerre civile, la Renamo, s'est considérablement accrue ces derniers mois à l'approche des élections municipales prévues en novembre prochain.
L'ancienne rébellion a menacé de perturber ce scrutin après le refus d'une modification de la loi électorale qu'elle réclamait, alors que le gouvernement a durci sa position face à son adversaire.
"Si la Renamo continue à outrepasser les limites, nous n'aurons pas d'autre alternative que de prendre des mesures pour garantir le calme et l'ordre public", avait mis en garde mercredi le vice-ministre de l'Intérieur Jose Mandra, selon la presse locale.
Les deux groupes se sont affrontés au long de 15 ans d'une guerre civile qui a fait au moins un million de morts et fut parmi les plus brutales du continent.
L'an dernier, le chef de la Renamo avait menacé de reprendre les armes si le gouvernement ne renégociait pas l'accord de paix signé à Rome en 1992.
Fortement appauvri durant la guerre civile, le Mozambique, ancienne colonie portugaise, est actuellement l'une des économies du monde en plus forte croissance, grâce notamment à la découverte de gisements de charbon et d'hydrocarbures.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.