Le Parlement devait autoriser lundi soir le gouvernement à prolonger l'opération militaire française au Mali, que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a qualifiée de "réussite" sur le plan politique et militaire.
"Réussite politique, parce que la décision du président de la République d'engager la France a profondément changé la donne du combat contre les groupes terroristes", a déclaré le chef du gouvernement à l'ouverture du débat à l'Assemblée nationale."Réussite militaire" également, a-t-il poursuivi, rendant hommage au courage et au professionnalisme des soldats français.
L'Assemblée, puis le Sénat dans la soirée, était appelée à se prononcer sur la prolongation de l'opération Serval, en application de l'article 35 de la Constitution.Depuis 2008, toute opération militaire en territoire étranger est en effet soumise au vote du Parlement au-delà d'une durée de quatre mois.
Après le Premier ministre, les principaux orateurs se sont félicités du consensus politique qui s'est fait dès le début sur l'intervention au Mali et le vote dans la soirée ne devait pas réserver de surprise.
Lancée dans l'urgence le 11 janvier, l'intervention française a permis de démanteler les réseaux jihadistes qui contrôlaient le nord du pays.Plus de 500 militaires français, sur un total de près de 4.500, ont déjà été désengagés et les effectifs français doivent être ramenés à 2.000 en juillet.Au-delà, un millier d'hommes devraient rester au Mali pour "lutter contre le terrorisme" en soutien d'une force de l'ONU.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait autoriser "dans les tout prochains jours" une résolution permettant la transformation de la force africaine au Mali, la Misma, en mission de stabilisation de l'ONU, qui pourra alors prendre le relais des forces françaises, a souligné M. Ayrault.
"Autre rendez-vous majeur", a-t-il souligné, le Mali doit se doter d'autorités "à la légitimité renouvelée" et il est, selon lui, "essentiel" qu'une élection présidentielle puisse se tenir comme prévu en juillet dans ce pays.
Tout en saluant l'engagement des forces françaises, l'opposition s'est inquiétée des difficultés à rétablir le dialogue entre les autorités maliennes et les populations du nord du pays, sans lequel il ne peut y avoir de sortie de crise."A qui allons-nous rendre les clés?", s'est interrogé le député UMP Pierre Lellouche, soulignant qu'il était "hors de question" pour son groupe "de considérer que la France a vocation à rester indéfiniment au Mali".
Pour l'ancien ministre de la Défense Hervé Morin (UDI), "partir maintenant serait irresponsable" mais "clairement, il n'y a personne à qui passer la main" : "Les forces africaines ne sont pas prêtes à prendre le relais, si tant est qu'elles le soient un jour".
Les députés socialistes se sont félicités du soutien de la communauté internationale à l'intervention française.Evoquant le coût de l'opération - environ 200 millions d'euros -, leur chef de file, Bruno Le Roux, s'est déclaré favorable à ce que ce type d'efforts militaires soit "pris en compte dans le calcul des déficits" des Etats autorisés dans le cadre de l'Union européenne.
Plusieurs orateurs ont souligné qu'aucune solution politique ne pouvait être trouvée au Mali sans un dialogue entre Bamako et les touaregs du nord du pays, notamment les partisans du MNLA."Il faudra que tous les groupes, y compris le MNLA, renoncent à leurs armes" pour restaurer l'intégrité du Mali, a prévenu à ce sujet Jean-Marc Ayrault.
Après les opérations militaires, "la France doit désormais aider le Mali à gagner la paix", a-t-il conclu.
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