Nigeria: offensive de l'armée contre les islamistes, bombardements aériens envisagés

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KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

L'armée nigériane a lancé jeudi une offensive dans le Nord Est contre les islamistes de Boko Haram, et s'est déclarée prête à user de bombardements aériens pour les déloger des zones qu'ils tiennent.

"L'armée nigériane tout entière est impliquée dans cette opération, dont l'armée de l'air", a déclaré le brigadier général Chris Olukolade, porte-parole des armées, à l'AFP.

"Nous aurons recours aux bombardements aériens quand nécessaire", a-t-il ajouté.

"Plusieurs milliers" de soldats, des avions et hélicoptères de combat ont été déployés dans le cadre de l'offensive de l'armée contre les islamistes dans les Etats voisins de Borno, Yobe et Adamawa, selon M. Olukolade.

 Le président nigérian Goodluck Jonathan avait déclaré mardi l'état d'urgence dans ces trois Etats frappés par les attaques de Boko Haram, en assurant que des "mesures extraordinaires" étaient nécessaires pour répondre à la violence croissante.

Dans une vidéo reçue lundi par l'AFP, le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, avait revendiqué deux attaques très meurtrières dans l'Etat de Borno: celle de Baga, le 16 avril, qui avait été suivie d'une violente répression par l'armée, ayant fait au total 187 morts et celle de Bama menée le 7 mai, qui s'était soldée par au moins 55 morts.

Le président a présenté comme "une déclaration de guerre" les dernières violences revendiquées par le groupe et il a pour la première fois reconnu que Boko Haram avait pris le contrôle de certaines parties de l'Etat de Borno.

Le porte-parole de l'armée a confirmé que les opérations militaires avaient commencé dans les trois Etats, mais il a refusé de donner plus de détails à ce sujet.

 Cette opération est la plus grosse offensive menée contre Boko Haram depuis 2009, où des soldats avaient envahi Maiduguri, la capitale de Borno, tuant plus de 800 personnes, forçant les islamistes à cesser leurs activités pendant une année.

Selon une source militaire qui a requis l'anonymat,les forces nigérianes ont déjà "lancé une offensive contre des camps terroristes dans le parc naturel de Sambisa" dans le nord de l'Etat de Borno.

Les populations locales s'inquiètent des affrontements entre armée et insurgés.

Dans la petite ville de Marti (Borno), non loin de la frontière tchadienne, Zangina Kyarimi a dit à l'AFP avoir constaté que "des unités militaires importantes" étaient arrivées dans la nuit de mercredi à jeudi.

"J'ai vu des dizaines de véhicules militaires et des camions ainsi que des tanks", a-t-il déclaré par téléphone depuis cette ville considérée comme un des fiefs de Boko Haram.

"Nous craignons ce qui risque d'arriver dans les prochains jours, nous pensons partir", a-t-il poursuivi.

 Dans l'Adamawa, un couvre-feu a été instauré de la tombée de la nuit au lever du jour, selon le lieutenant Ja-afar Mohammed Nuhu, porte-parole de l'armée pour cette zone.

Gashua, dans l'Etat de Yobe, qui fut le théâtre d'une attaque de Boko Haram le 26 mai, a été traversée par des véhicules militaires qui roulaient en direction de la frontière avec le Niger, selon Musa Saminu, un habitant.

"Environ 30 véhicules militaires ont traversé la ville (...), ils étaient très armés", a-t-il déclaré à l'AFP."Certains d'entre eux sont allés voir les banques et leur ont demandé de fermer par précaution".

L'armée s'est engagée à ce que cette opération permette de "débarrasser les zones frontalières de la Nation des bases terroristes" qui s'y trouvent, mais certains se demandent si cette offensive permettra de venir à bout de l'insurrection, bien implantée dans la région.

"L'armée fonctionne déjà à la limite de ses capacités", a estimé l'ancien ambassadeur américain au Nigeria, John Campbell dans un article publié mercredi par le groupe de réflexion Council on Foreign Relations.

Les frontières entre le Nigeria et le Cameroun, le Tchad et le Niger sont très poreuses et les criminels et les armes y circulent librement d'un pays à l'autre.

Selon des experts, Boko Haram, de mieux en mieux armé, pourrait bien réussir à échapper à l'armée et trouver d'autres refuges dans cette région très étendue.

De nombreuses voix s'élèvent pour demander aux dirigeants de résoudre les problèmes sociaux qui alimentent l'insurrection, notamment à cause de la pauvreté et de la frustration engendrée par la corruption des élites.

Au Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, la grande majorité des 160 millions d'habitants vit pourtant avec moins de deux dollars par jour.

L'insurrection et sa répression par les forces de sécurité, ont fait quelque 3.600 morts depuis 2009, selon Human Rights Watch.

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