Afrique du Sud: incidents au deuxième jour de la grève des fonctionnaires

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JOHANNESBURG (AFP)

Des infirmières militaires ont remplacé les sages-femmes, des médecins ont dû nettoyer des salles d'hôpitaux et des policiers ont tiré des balles en cahoutchouc, jeudi, en Afrique du Sud, au deuxième jour d'une grève illimitée des fonctionnaires.

Quelque 1,3 million de personnels des services publics ont été appelés mercredi à cesser le travail pour obtenir des augmentations de salaires et des piquets de grève se sont postés devant les hôpitaux et les écoles au deuxième jour du conflit.

A Johannesburg, la police a utilisé des canons à eau et tiré des balles en caoutchouc pour repousser quelque 150 agents de santé en grève qui tentaient de pénétrer dans l'hôpital Hani Baragwanath qui dessert la township de Soweto, selon des témoins.

Les personnels de santé, comme les policiers et les agents des services d'immigration, ne sont pas autorisés à faire grève.Mais des employés de l'hôpital ont cessé le travail et voulaient convaincre leurs collègues restés à l'intérieur de les rejoindre.

La police a aussi tiré des balles en cahoutchouc contre des enseignants en grève près d'une autoroute de la ville.

Le porte-parole du gouvernement, Themba Maseko, a dénoncé "la violence, les intimidations et des actes de brutalité proches de la criminalité qui ont caractérisé la grève dans plusieurs régions du pays".

Il a déclaré que les médecins militaires restaient prêts à intervenir si besoin dans les hôpitaux publics.

"Les forces de défense vont être en alerte pour porter assistance en cas d'urgence ou dans des situations où des vies sont menacées, comme des soins médicaux d'urgence", a-t-il dit.

A Durban, sur la côte est, les autorités ont déjà appelé des militaires pour remplacer des infirmières.

Une porte-parole de l'hopital King Edward VIII a expliqué que tous les personnels, à l'exception des médecins, étaient en grève.

Des médecins ont nourri les patients, les ont transportés jusqu'à leur lit et ont même été jusqu'à nettoyer les locaux, a dit Mme Nonto Beko.

"On n'a en gros plus personne à l'hopital, à l'exception des docteurs et des infirmières militaires", a-t-elle dit à l'AFP.

"On est en train de chercher des personnels de nettoyage dans le privé parce que les médecins sont obligés de tout faire", a-t-elle ajouté.

Le responsable de la santé pour la province, le KwaZulu-Natal, a critiqué la grève.

"Le droit des fonctionnaires à faire grève ne peut pas être mis sur le même plan ou au dessus du droit aux soins des citoyens", a dit Sibongiseni Dhlomo, cité par l'agence gouvernementale BuaNews.

Une gréviste, qui a demandé l'anonymat, a indiqué qu'elle faisait grève parce que son salaire ne lui permettait pas de se loger décemment.

"Je vis dans une cabane", a-t-elle dit.

Les syndicats revendiquent une hausse des salaires de 8,6% - soit plus de deux fois le taux d'inflation - et une allocation logement de 1.000 rands (137 dollars, 107 euros).

Le gouvernement propose 7% de hausse des salaires et une allocation logement de 700 rands, une mesure qui coûtera à l'Etat cinq milliards de rands (537 millions d'euros).

Il a prévenu que l'accord serait appliqué unilatéralement si les syndicats ne le signaient pas dans les 21 jours.

Les syndicats d'Afrique du Sud, politiquement influents sont des alliés clé du parti du président Jacob Zuma, le Congrès national africain.Mais la politique économique du gouvernement, ainsi que la colère de la population face au train de vie de certains dirigeants, ont écorné cette alliance.

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