A l'hôpital Helen Joseph de Johannesburg, Dalene Loots, une bénévole, nettoie le sol qui en a bien besoin.Sauf qu'avec son maquillage impeccable et ses talons hauts, elle n'a pas exactement le physique de l'emploi.
Comme d'autres, elle a répondu à l'appel du Département de la Santé à assurer un service minimum dans les hôpitaux sud-africains affectés par une grève depuis mercredi.
A l'extérieur, devant l'entrée de l'établissement, des salariés font brûler des pneus et entonnent des chants de protestation.La grève des fonctionnaires pour une augmentation des salaires paraît largement suivie.Hôpitaux et établissements scolaires sont quasiment paralysés.
Dans le service N°22 de l'hôpital Helen Joseph, ils sont cinq volontaires.En pantalon bleu pervenche, la très chic Dalene qui travaille habituellement dans un cabinet financier, a déjà amassé un bon tas de saleté et son balai s'active autour de bouchons de seringue, cotons, sacs en plastique, tubes d'antibiotiques vides et d'une paire de vieilles tongs.
Le problème, maintenant, est de se débarrasser de tous ces détritus car les sacs poubelles sont enfermés dans un placard dont personne ne sait où est la clé.
"Je ne ferais pas ça tous les jours.Mes pieds me mettent à la torture", se plaint Dalene, en lorgnant ses talons de plusieurs centimètres de haut.
Richard Stockenstrom, spécialiste en informatique, avait un rendez-vous avec un client.Mais cet autre bénévole se retrouve, lui aussi, à nettoyer le service N°22.
"Ca m'effrayait d'entendre que les infirmières étaient en grève et que personne ne pouvait rien faire", déplore-t-il."Ces gens-là sont malades.Moi aussi, j'ai été malade et je sais ce qu'on ressent.N'avoir personne pour s'occuper de vous, vous donner à manger, vous donner vos médicaments, pendant qu'ils font leur danse de protestation dehors, je trouve ça inacceptable!", estime-t-il.
Une diabétique, souffrant de pneumonie, se plaint d'avoir faim."On nous donne à peine à manger; on n'a même pas droit à un thé!", dit-elle.
Malgré les bénévoles, elle trouve que l'hopital est dégoûtant."Les toilettes sont si sales qu'on peut à peine les utiliser.J'ai dû changer de pantoufles parce qu'elles étaient mouillées.Je ne sais pas si l'eau déborde des WC ou quoi.Ils ont mis des couvertures et des draps par terre pour éponger", dit-elle.
Dans la salle de repos des infirmières, un médecin et une des rares infirmières à ne pas faire grève sont assis devant une montagne de dossiers, cherchant à savoir où en est le suivi des patients dont les soins ont été pour beaucoup suspendus."C'est la pagaille", soupire le médecin.
Le mouvement des fonctionnaires s'est attiré des critiques en raison des piquets de grève aux entrées des hôpitaux et de menaces sur les non grévistes.
Les syndicats revendiquent une hausse des salaires de 8,6% et une allocation logement de 1.000 rands (137 dollars, 107 euros).Le gouvernement propose 7% de hausse des salaires et une allocation de 700 rands.
Le gouvernement sud-africain a eu gain de cause samedi devant la justice qui a ordonné l'arrêt de la grève dans les services publics jugés essentiels, tels que les hôpitaux et les prisons.
Thabo Pule, chargé de la sécurité à Helen Joseph et responsable du syndicat local, a indiqué que les dirigeants syndicaux s'employaient à assurer une grève pacifique.Tout ce que veulent les fonctionnaires, dit-il, c'est de vivre dans la dignité dans un des pays les plus inégalitaires du monde.
"Nous ne sommes pas traités avec le respect qui nous est dû en tant que fonctionnaires.Le niveau de vie des travailleurs est bien trop bas.Que le gouvernement fasse quelque chose pour nous donner un salaire décent !", affirme-t-il.
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