La justice ougandaise a déclaré mercredi anti-constitutionnelles les lois sur la sédition, une importante décision dans ce pays où plusieurs journalistes sont poursuivis sous ce chef d'accusation.
"Les articles (dans le code pénal) sur la sédition sont contradictoires avec la Constitution", a déclaré le greffier Ruhinda Ntengye, en lisant la décision rendue par cinq Cours constitutionnelles.
"Ils sont donc nuls et non avenus", précise la décision, ajoutant que ces lois sont si largement étendues qu'elles piétinent le droit d'expression inscrits dans la Constitution ougandaise.
Cette décision est rendue à la suite d'une action en justice introduite en 2005 par un journaliste connu, Andrew Mwenda, accusé de sédition pour un article qui évoquait la possible implication de l'Ouganda dans la mort de l'ancien chef sudiste soudanais John Garang.
Garang est mort en juillet 2005 lorsque son hélicoptère s'est écrasé, peu de temps après avoir décollé d'Ouganda.
"Aujourd'hui n'est pas seulement un bon jour pour les journalistes mais pour tous les Ougandais.Les bonnes choses arrivent à ceux qui savent attendre", a déclaré à l'AFP Andrew Mwenda.
Cette décision, qui délivre les journalistes de la crainte d'être à tout moment poursuivis pour leurs écrits, a été qualifiée de "positive" par Human Rights Watch (HRW).L'organisation juge toutefois que l'Ouganda reste un pays difficile pour la presse.
"Les journalistes sont confrontés à des tactiques d'intimidation, et l'Etat doit faire davantage pour protéger les media", a déclaré à l'AFP Maria Burnett, chercheuse ougandaise d'HRW.
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