Visite au Kenya du président soudanais, recherché par la justice internationale

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NAIROBI (AFP)

Le président soudanais, poursuivi par la justice internationale, s'est rendu vendredi au Kenya pour la cérémonie de promulgation de la nouvelle Constitution du pays, déclenchant une nouvelle fois la colère de la communauté internationale, à l'exception notable des pays africains.

Omar el-Béchir, dont le nom ne figurait pas sur la liste officielle des chefs d'Etat attendus, est apparu souriant et détendu, serrant les mains des autres dirigeants africains présents.

Il avait été invité bien que la Cour pénale internationale (CPI) réclame son arrestation pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans la province de l'Ouest du Soudan déchirée par un conflit civil.

Critiqué, le Kenya a justifié son invitation "en tant que voisin".Omar el-Béchir a regagné Khartoum dans la soirée, selon son service de presse.

Ayant ratifié le traité fondateur de la CPI, le Kenya était normalement dans l'obligation d'arrêter le président soudanais.

A La Haye, les juges de la CPI ont dit avoir informé le Conseil de sécurité de l'ONU de la présence au Kenya du président soudanais pour que "toute mesure jugée opportune" soit prise, et rappelé en vain "l'obligation certaine (du Kenya) de coopérer avec la Cour".

De son côté, la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton a demandé au Kenya de "respecter ses obligations de droit international" et d'arrêter le président soudanais.

Un des deux principaux groupes rebelles du Darfour, Abdelwahid Nour, chef de l'Armée/Mouvement de libération du Soudan a aussi demandé son arrestation.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait estimé avant la cérémonie que "le Kenya allait définitivement ternir les célébrations" en accueillant "un fugitif international".

"Le président Béchir est ici parce que nous avons invité tous nos voisins et que c'est un voisin.Nous n'avons à nous excuser (...) parce que je suis sûr que nous améliorons la paix, la sécurité et la stabilité dans la région", a répliqué à ces critiques le ministre kényan des Affaires étrangères Moses Wetangula.

Après l'émission en 2009 d'un premier mandat d'arrêt contre M. Béchir pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis sept ans (300.000 morts selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum), la CPI a ordonné en juillet dernier qu'un second mandat d'arrêt, pour génocide, soit délivré à l'encontre du président soudanais.

Celui-ci s'était depuis déjà rendu au Tchad fin juillet sans être arrêté, bien que N'Djamena ait ratifié le traité de la CPI.

L'Union africaine juge contre-productifs pour la paix au Darfour les mandats d'arrêt et a demandé à ses membres de ne pas arrêter M. Béchir .

Approuvée par référendum le 4 août, la nouvelle Constitution kényane est censée renforcer la démocratie et engager une réforme foncière cruciale, tournant symboliquement la page des violences postélectorales de 2007-2008 qui ont fait près de 1.500 morts.

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