Les fonctionnaires sud-africains, en grève depuis deux semaines, ont qualifié mardi de "pas dans la bonne direction" une nouvelle offre du gouvernement pour une augmentation de salaire mais ont maintenu leur action.
"La nouvelle offre sera discutée avec nos membres, ce n'est pas ce que nous voulions mais c'est un pas dans la bonne direction.Nos adhérents sont toujours en grève", a déclaré à l'AFP Mugwena Maluleke de la confédération syndicale Cosatu.
"Les syndicats du secteur public ont demandé plus de temps pour se consulter sur cette offre", a déclaré le gouvernement dans un communiqué, précisant qu'une rencontre aurait lieu mercredi sur le résultat de ces consultations.
Après la reprise des négociations lundi soir sous la pression du président Jacob Zuma, les autorités ont fait une nouvelle proposition de 7,5% de hausse des salaires contre 7% auparavant et une allocation logement mensuelle de 800 rands (108 dollars, 86 euros) au lieu de 700.
Les grévistes réclament depuis le début de leur mouvement 8,6% d'augmentation et une allocation de 1.000 rands pour les quelque 1,3 million de fonctionnaires dont les salaires sont souvent très bas.
Le gouvernement Zuma a toujours affirmé que le budget national ne permettait pas d'aller au-delà des propositions faites aux syndicats, compte tenu d'autres priorités comme l'emploi.Le chômage frappe un adulte sur trois (selon l'OCDE) dans un pays où 43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.
Il craint aussi une répétition de la grève de 2007, la plus longue depuis la fin de l'apartheid en 1994, qui avait marqué l'écartèlement entre les syndicats et le gouvernement de Thabo Mbeki, révoqué depuis.
Pour mettre fin à ce nouveau mouvement social, le président Zuma a ordonné lundi à ses ministres de reprendre les discussions avec les grévistes qui menacent d'étendre leur mouvement aux autres secteurs comme les mines, pivot de la première économie du continent.
"S'il n'y a pas d'accord, nous allons nous mettre en grève comme prévu" pendant une journée, a rappelé à l'AFP le porte-parole du syndicat national des mineurs, Lesiba Seshoka.
"Leurs doléances nous concernent aussi, nous soutenons leur action", a-t-il ajouté.
Depuis deux semaines, la grève affecte surtout le fonctionnement des écoles et des hôpitaux.Faute de personnel, quelque 4.000 militaires ont été déployés dans 58 grands hôpitaux publics afin d'assurer le service minimum et de nombreuses écoles ont dû fermer leurs portes.
Chaque année, l'Afrique du Sud est secouée par une vague de grèves durant l'hiver austral, période de négociations salariales.
En 2010, les mouvements sociaux ont été décalés vers le printemps, les syndicats ayant préféré ne pas perturber la Coupe du monde de football en juin/juillet.
Les ouvriers de l'industrie du pneu viennent eux aussi d'arrêter le travail, lundi, pour réclamer de meilleurs salaires.
L'année dernière, les médecins s'étaient également mis en grève afin d'obtenir des hausses de leurs rémunérations.
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