Le diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni a bénéficié mardi d'un non-lieu dans l'enquête sur l'assassinat en 1987 à Paris de l'opposant Ali Mecili, une affaire qui empoisonne les relations entre Paris et Alger.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a accordé la demande de non-lieu déposée par le haut-diplomate et soutenue par le parquet de Paris.
Plus de vingt ans après l'assassinat de l'avocat algérien dans le centre de Paris, cette affaire avait connu un rebondissement avec l'interpellation à Marseille le 14 août 2008 de M. Hasseni, chef du protocole du ministère algérien des Affaires étrangères, qui était visé par un mandat d'arrêt international.
"La chambre de l'instruction a accordé un non-lieu à M. Hasseni, il n'est plus concerné par cette affaire", s'est réjoui son avocat, Me Jean-Louis Pelletier.La veuve d'Ali Mecili pourrait toutefois former un pourvoi en cassation, selon son avocat, Me Antoine Comte.
M. Hasseni, qui se dit depuis son interpellation victime d'une homonymie, était désigné par un ancien officier des services secrets algériens, Mohamed Samraoui, réfugié en Allemagne, comme le commanditaire de l'assassinat d'Ali Mecili, avocat de 47 ans exilé en France depuis 1965.
Un ordre de mission trouvé lors d'une perquisition chez le tueur présumé, Abdelmalek Amellou, était signé d'un certain capitaine Rachid Hassani.Samraoui prétendait que ce capitaine Hassani, commanditaire supposé de l'assassinat, n'était autre que M. Hasseni.
Le diplomate avait été mis en examen pour complicité d'assassinat et placé sous un contrôle judiciaire qui lui a un temps imposé de rester en France.
Mais M. Samraoui est en partie revenu sur ses déclarations lors d'une confrontation avec M. Hasseni organisée le 4 juin 2009 par visio-conférence.
La chambre de l'instruction a d'ailleurs en partie motivé sa décision par le "caractère évolutif" des déclarations de M. Samraoui.Une expertise graphologique réalisée sur l'ordre de mission signé "capitaine Hassani" a également mis "hors de cause" M. Hasseni, selon l'arrêt de la cour d'appel, consulté par l'AFP.
"L'innocence de M. Hasseni est patente depuis longtemps, il était visé par une accusation erronée", a réagi un autre de ses avocats, Me Hervé Témime.
Cette affaire, qui avait brutalement ressurgi en août 2008 avec l'arrestation de M. Hasseni, a depuis cette date pollué les relations franco-algériennes.
Le ministère algérien des Affaires étrangères avait ainsi convoqué début avril l'ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, pour lui faire part "de la grande surprise et de la profonde préoccupation" d'Alger à la suite du refus des juges français d'accorder le non-lieu au diplomate algérien.
Des compte-rendus d'écoutes téléphoniques, versés au dossier de l'instruction depuis fin 2009, font également état de pressions qu'aurait subi M. Samraoui de la part d'un membre présumé des services algériens pour disculper M. Hasseni.
"Je trouve étonnant qu'un non-lieu soit rendu dès lors qu'il existe des preuves de pressions exercées sur un témoin-clé, c'est intrigant", a déclaré Me Comte à l'AFP.
Selon l'avocat de la partie civile, "l'affaire n'est pas terminée pour autant"."Pour la première fois depuis le début de l'affaire, le parquet de Paris a en effet requis la poursuite de l'enquête, alors que jusqu'à présent il estimait qu'il n'y avait aucun suspect", a-t-il relevé.
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