Vidéo d'Aqmi sur le Maroc: un journaliste arrêté, Rabat va poursuivre El Pais

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Rabat (AFP)

Les autorités marocaines ont interpellé mardi un responsable d'un site local d'informations et annoncé des poursuites en Espagne contre le quotidien El Pais, à la suite de la diffusion d'une vidéo d'Al-Qaïda appelant à commettre des attentats dans le royaume.

Mardi matin, Ali Anouzla, directeur de la publication de la version arabophone de Lakome --un site qui compte aussi une version française--, a été interpellé à Rabat.Les unités centrales d'ordinateurs ont par ailleurs été saisies lors d'une perquisition dans les locaux de Lakome, selon des journalistes sur place.

Le procureur général du roi a indiqué dans un communiqué que M. Anouzla avait été arrêté "après la diffusion par le journal électronique d'une vidéo attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes" au Maroc.

"Les procédures judiciaires adéquates seront appliquées à la lumière des résultats de l'investigation", a-t-il ajouté.

En début de soirée, le journaliste se trouvait toujours en garde-à-vue à Casablanca, selon des proches.Il pourrait être poursuivi dans le cadre d'une loi antiterroriste.

Dans un communiqué distinct, le ministère de la Justice a de son côté annoncé que le gouvernement marocain allait porter plainte, en Espagne, contre le quotidien El Pais, pour avoir diffusé cette même vidéo d'Aqmi sur son site internet.

D'après le texte, le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, a contacté son homologue espagnol, Alberto Ruiz-Gallardon, pour lui faire part de la "préoccupation" de Rabat.

Intitulée "Maroc: le royaume de la corruption et du despotisme", la vidéo, diffusée la semaine dernière par Aqmi, était accessible à partir du site arabophone de Lakome via un lien renvoyant sur celui d'El Pais.Il était en revanche directement accessible sur la version française.

D'une quarantaine de minutes, cette vidéo d'Aqmi fustige la monarchie marocaine et appelle au jihad.

Elle a depuis été supprimée par Youtube pour non-respect des règles en matière de "violence".

Sur son site internet, Lakome a exprimé son incompréhension à la suite de l'arrestation d'Ali Anouzla, notant avoir précisé "dès le départ" qu'il s'agissait "d'une vidéo de propagande".Il a également avancé que la diffusion de vidéos d'Al-Qaïda était "une pratique constatée dans les médias internationaux".

Connu pour ses prises de position critiques à l'encontre des institutions marocaines, dont la monarchie, M. Anouzla a déjà fait l'objet de poursuites judiciaires par le passé.

Il a reçu le soutien du mouvement pro-réformes du 20-Février, né durant le Printemps arabe, qui a appelé mardi dans un communiqué à sa "libération sans condition".

Un sit-in de protestation est prévu mercredi (17H00 GMT) à Casablanca.

Dans un communiqué, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), tout en évoquant "le respect de la liberté d'expression", a pour sa part estimé que celle-ci devait "être exercée dans le cadre du respect de l'éthique".

Le Maroc a été la cible de plusieurs attentats ces dix dernières années, dont ceux de Casablanca en mai 2003.Perpétrés par 12 kamikazes, ils avaient fait 33 morts.

Les autorités annoncent régulièrement le démantèlement de "cellules terroristes", la plupart liées à Al-Qaïda.

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