Plus d'une vingtaine de responsables de l'ancien régime libyen ont nié en bloc jeudi devant une chambre d'accusation à Tripoli, les charges retenues contre eux dans une affaire liée à la répression de la révolte de 2011, selon un de leurs avocats.
"Tous les accusés ont rejeté en bloc les charges retenues contre eux", a déclaré à l'AFP cet avocat sous couvert de l'anonymat.
L'audience a été ajournée au 3 octobre à la demande de la défense qui souhaite prendre connaissance du dossier, a-t-il indiqué à sa sortie du tribunal.
Au moins 11 chef d'accusations ont été retenus contre ces dignitaires du régime de Kadhafi, dont assassinats, pillage et sabotage, actes portant atteinte à l'union nationale, trafic de drogue, complicité dans l'incitation au viol, enlèvement et dilapidation des deniers publics.
La chambre d'accusation a cependant le pouvoir, selon la loi, de rejeter ces accusations, de les accepter ou de demander des compléments d'enquête.Ce processus pourrait prendre de un à plusieurs mois.
La chambre s'est réunie jeudi sous haute surveillance dans un complexe judiciaire et pénitencier où sont détenus la plupart des responsables de l'ancien régime, pour une audience à huis-clos en présence d'avocats.
Des dizaines de pick-up équipés de canons anti-aériens et des blindés étaient postés autour du bâtiment.
Abdallah al-Senoussi (ex-chef des services de renseignements), Al-Baghdadi al-Mahmoudi (le dernier Premier ministre de l'ancien régime) ainsi que Bouzid Dorda (chef des renseignements ayant succédé à M. Senoussi) et Abdelati al-Obeidi (ex-ministre des Affaires étrangères) figuraient parmi les personnalités dans le box des accusés, tous vêtus de l'uniforme bleu de détenus.
Quelques dizaines de membres de familles des victimes du massacre de la prison d'Abou Salim en 1996, se sont rassemblés devant le tribunal et des photos des victimes de ce massacre étaient placardées sur le mur extérieur du bâtiment.Plus de 1.200 prisonniers politiques avaient été tués dans une fusillade qui auraient été commanditée par M. Senoussi, selon plusieurs témoignages.
"Mort à l'assassin", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les familles.
Des avocats ont été par ailleurs malmenés et insultés par les manifestants, à leur sortie du tribunal.
"Vous êtes des traîtres.Comment pouvez-vous défendre ces assassins ?", a lancé une manifestante.
Le procureur général libyen avait annoncé mercredi soir avoir ordonné le transfert de Seif al-Islam, un des fils de Mouammar Kadhafi, de Zenten (ouest) à Tripoli pour qu'il comparaisse en compagnie des ex-dignitaires.
Mais Seif al-Islam, l'un des fils du dirigeant déchu libyen, a été présenté jeudi au tribunal pénal de Zenten, dans le cadre d'une autre affaire "d'atteinte à la sécurité nationale".
Selon des sources de sécurité le fils de Kadhafi n'a pu être transféré dans la capitale en raison des conditions de sécurité.
Le lancement de la procédure judiciaire à l'encontre de Seif al-Islam et M. Senoussi est vue par certains observateurs étrangers comme un acte de défiance de Tripoli à l'égard de la Cour pénale internationale (CPI).
Les deux hommes font en effet l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI qui les soupçonne de crimes contre l'humanité lors de la répression de la révolte.
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