Guinée: le blocage politique persiste à trois jours des législatives

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Conakry (AFP)

Le blocage persistait samedi en Guinée sur les élections législatives prévues mardi, le camp de la majorité souhaitant respecter le calendrier tandis que l'opposition estime ce délai intenable en raison du temps nécessaire pour corriger des "anomalies".

Ce blocage peine à être levé alors que la communauté internationale a multiplié ces dernières semaines des réunions avec des représentants de la majorité et de l'opposition, pourtant signataires le 3 juillet d'un accord ayant ouvert la voie au scrutin et mis fin à des mois de tensions politiques dans le pays.

Les législatives auraient dû avoir lieu dans les six mois suivant l'investiture, en décembre 2010, du président guinéen Alpha Condé, mais elles ont été reportées plusieurs fois, faute de consensus.Les dernières élections de députés en Guinée remontent à juin 2002, il y a plus de onze ans.

L'opposition doute de la transparence du fichier électoral, et soupçonne la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de préparer "une mascarade électorale" en faveur de la majorité au pouvoir, et le gouvernement de manipuler la Céni.

Comme préalables, elle exige l'affichage des listes électorales et le rapprochement des électeurs des bureaux de vote.Autant de questions à l'ordre du jour de la réunion en cours depuis vendredi à Conakry du "comité de suivi de l'accord du 3 juillet", qui regroupe majorité, opposition et communauté internationale, dont l'ONU.

"Nous avons aujourd'hui beaucoup de corrections à faire, tant au niveau du fichier (électoral), des bureaux de vote que des doublons", a déclaré samedi à la presse l'ex-Premier ministre Sidya Touré, chef de l'Union des forces républicaines (UFR), un des principaux partis d'opposition.

"Nous y travaillons, mais au niveau de l'opposition, nous pensons qu'il est impossible de faire les élections le 24 septembre dans ces conditions", les corrections réclamées "malheureusement, ne peuvent pas se faire en si peu de temps", a dit M. Touré, profitant d'une pause dans la réunion.

Un autre responsable de l'opposition, membre de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, avait évoqué la même éventualité à l'AFP.Il est "impossible de corriger les anomalies d'ici au 24 septembre" et il faut un report du scrutin, avait-il dit, suggérant "le 6 ou le 13 octobre" comme nouvelle date.

Menace de manifestations et boycott

Mais dans le camp de la majorité, mené par le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Alpha Condé, il n'est pas question de renoncer au délai fixé à mardi.

"La date du 24 septembre, il faut la tenir.(...) Les imperfections, elles peuvent être améliorées jusqu'au matin du scrutin, et je ne pense pas qu'elles soient de nature à avoir un impact sur la sincérité du scrutin", a déclaré à l'AFP Moustapha Naïté, un responsable du RPG.

"Il faut libérer les Guinéens de cette compétition électorale (...).Il y a des enjeux majeurs qui nous attendent, les problèmes de développement et de croissance", a ajouté M. Naïté.

L'opposition devait se réunir samedi pour décider de la position à adopter en cas de maintien de la date des législatives à mardi, selon un de ses responsables, sans exclure un boycott.

Les opposants avaient planifié pour le 19 septembre des manifestations à travers le pays pour dénoncer, selon eux, la mauvaise préparation des élections.Puis, sous pression de la communauté internationale, ils ont annoncé le 17 septembre qu'ils suspendaient leur appel à manifester.

Ils ont toutefois menacé de le réitérer pour lundi, à la veille du scrutin, suscitant des inquiétudes.

Car de précédentes manifestations de l'opposition avaient dégénéré en violences meurtrières avec les forces de l'ordre, particulièrement à Conakry.

Des heurts ont opposé le 17 septembre des militants de l'opposition et du pouvoir dans la banlieue de la capitale, faisant plusieurs blessés légers selon des sources médicales et policières, mais il s'agissait des premiers incidents de ce type depuis le début de la campagne électorale.

Ouverte le 23 août, la campagne doit prendre fin dimanche.Près de 1.800 candidats d'une trentaine de partis sont en lice pour 114 sièges de députés.

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