L'opération de distribution des cartes d'électeurs se poursuivait vendredi en Guinée, à la veille des législatives très attendues et à Conakry, certains tentaient de récupérer le sésame pour des proches, faisant fi de l'interdiction de toute procuration.
"Je suis venu prendre la carte de mon épouse", explique Abdoulaye Diallo, rencontré devant une commission de distribution de cartes d'électeurs.
Muni du récépissé d'inscription de son épouse sur les listes électorales, ce chef de famille s'est rendu dans un centre de distribution de cartes installé dans le quartier Cameroun, dans la proche banlieue de Conakry, près du siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
Des lots de cartes d'électeurs sont déposés sur un petit banc en bois, classés selon le patronyme "des concessions" (habitat commun, avec plusieurs familles).Chaque fois que quelqu'un se présente pour leur retrait, les agents électoraux chargés de leur délivrance fouillent dans les tas.
"J'habite ce quartier depuis 1989.Ils me connaissent.C'est pour cette raison qu'ils me permettent de prendre la carte de mon épouse", explique Abdoulaye Diallo.A côté de lui, un jeune est à la recherche de la carte d'électeur de son oncle.
"Normalement, le Code (électoral) ne permet pas de retirer la carte d'électeur d'une autre personne mais les commissions le font pour accélérer la distribution", avoue à l'AFP un responsable de la Céni.
Les difficultés logistiques et les relations sociales, également, ont poussé beaucoup de Guinéens à faire fi des dispositions légales en la matière.
"Nous permettons aux chefs de famille de venir retirer toutes les cartes de leur famille", explique anonymement un responsable de commission de distribution au quartier Cameroun."Ca ne doit pas se faire mais comme je connais ce voisinage, je leur rends ce service, c'est ce qui a facilité le taux distribution" important de cartes par sa commission.
"Les Guinéens attendent toujours le dernier moment"
A Bolobiné, dans la zone de Kaloum (centre-ville), Kadia Keïta, la vingtaine, s'est rendue dans une commission de distribution installé au domicile du chef de quartier pour retirer sa carte.Elle avait déjà récupéré celle de sa tante à Coléa, dans la banlieue de Conakry, dit-elle.
Venu de Kissidougou (sud de la Guinée), le gendarme à la retraite François Tinguiano s'est rendu dans le quartier Manképa, voisin de Bolobiné, pour prendre les cartes de trois membres de sa famille, explique-t-il.
"J'ai déjà retiré les cartes de trois" autres membres de la famille, indique-t-il, attendant avec un petit groupe de personnes venues, elles aussi , récupérer leurs cartes ou celles de leurs proches.
Peu de personnes se pressaient cependant sur les sites de distribution de cartes visités vendredi par l'AFP.
La Céni soutient toutefois que le taux de retrait des cartes électorales était important à l'échelle nationale.Vendredi après-midi, il était "de plus de 90%", selon le responsable de la communication de la Céni, Alpha Yéro Condé.
Un taux mis en doute par un des observateurs déployés en Guinée par l'Union européenne, qui n'a cependant pas souhaité avancer de chiffre."Il nous faut nous assurer que toutes ces cartes ont été remises (en mains propres) à leurs propriétaires", a-t-il dit.
La Céni affirme que les électeurs retardataires pourront retirer leurs cartes jusqu'à samedi, jour du scrutin.
Plus de 5 millions de Guinéens sont appelés samedi à élire, sur un seul tour de scrutin mixte (uninominal et proportionnel), les 114 députés de leur Assemblée nationale.
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