Les quatre principales agences de presse mondiales ont exprimé leur inquiétude face à des projets de régulation des médias en Afrique du Sud dans un courrier au président Jacob Zuma, rendu public mercredi.
"Plus de quinze ans après la chute de l'apartheid, nous exprimons nos inquiétudes et joignons nos voix à ceux qui défendent la liberté de la presse et la liberté d'expression en Afrique du Sud et dans le monde", écrivent Associated Press (AP), Reuters, l'Agence France-Presse (AFP) et Bloomberg.
A la chute du régime raciste, l'Afrique du Sud a inscrit la liberté de la presse dans sa Constitution.Mais le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), envisage de créer un tribunal des médias, dont les membres seraient nommés par le gouvernement et qui pourrait sanctionner les journalistes en cas de manquement à l'éthique.
"Nous pensons qu'un tribunal des médias porterait atteinte à l'indépendance des médias s'il dépend du Parlement ou d'un organe gouvernemental", estiment les agences dans leur courrier, transmis la semaine dernière au chef de l'Etat.
Celui-ci a défendu avec vigueur mercredi devant le Parlement le projet de tribunal."Il n'empiétera pas sur la liberté de la presse, mais il permettra de protéger les droits de tous les citoyens", a-t-il dit.
"Nous devons envisager de créer un tribunal des médias pour que les gens insatisfaits (de la couverture médiatique les concernant) aient un recours", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le Parlement examine un projet de loi sur l'information qui prévoit la possibilité de classer certaines informations comme relevant de "la sécurité nationale".Les publier serait passible d'une peine de 25 ans de prison.
"La loi prévoit de donner à un grand nombre de responsables le droit de classifier une information et ne définit pas clairement la notion de +sécurité nationale+", soulignent les agences, qui desservent les médias du monde entier.
"Nous craignons que cela n'entre en conflit avec la Constitution", poursuivent-elles.
Les médias sud-africains se sont également élevés contre ces projets, estimant qu'ils visaient à museler la presse pour protéger les dirigeants corrompus.
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