Moines de Tibéhirine: des contradictions sur l'identification des victimes

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PARIS (AFP)

Deux témoins ont contredit les notes de l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Michel Lévêque, sur les constatations effectuées sur les têtes des moines de Tibéhirine en mai 1996 lors de leur identification dans un hôpital d'Alger.

M. Lévêque devait par ailleurs être entendu jeudi par le juge antiterroriste Marc Trévidic en charge de l'enquête sur l'assassinat des moines, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information du Monde.

Dans un télégramme diplomatique du 2 juin 1996, déclassifié l'an dernier, l'ambassadeur relatait des "constatations visuelles du médecin de la gendarmerie", mentionnant notamment "des têtes dans un état de décomposition avancée avec putréfaction générale", ainsi qu'une évaluation de la date du décès des moines "entre le 16 et le 21 mai".

Or le médecin des armées Tantely Ranoarivony, en poste à l'ambassade de mai à août 1996 et venu avec l'ambassadeur voir les têtes des moines à l'hôpital, a contredit ces déclarations lors de son audition fin juin par le juge Trévidic.

"Je n'ai pas donné d'indication sur la date des décès car je ne suis pas médecin légiste", a dit le médecin des armées, selon son procès-verbal dévoilé par Le Monde et que l'AFP a pu consulter.

"Je ne me souviens pas avoir donné à l'ambassadeur ces indications qui paraissent très précises", a-t-il ajouté à propos des constatations anatomiques.

De son côté, l'ancien consul de France, François Ponge, également présent au moment de l'identification a déclaré au juge qu'il avait posé au médecin "la question de la date du décès".

"Il n'a pas pu me répondre", a déclaré le consul au juge fin août.

Les sept moines avaient été enlevés fin mars 1996 dans leur monastère isolé situé près de Medea, région où les tueries étaient alors fréquentes.Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat, seules leurs têtes avaient été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne.

Le témoignage livré en juin 2009 par un ancien attaché de Défense à Alger, le général François Buchwalter, a relancé l'enquête.Selon ce général, les moines ont été tués peu après leur enlèvement par des tirs depuis des hélicoptères militaires alors qu'ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de djihadistes.

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